Di sak na pou di

Femme, ne te laisse pas faire, tu n’es pas un objet

Témoignages.re / 28 août 2009

« Je n’ai besoin de personne… », chantait en 67 notre BB nationale chevauchant la fameuse moto dont elle vantait les avantages. Un texte sulfureux de son non moins sulfureux pygmalion, le talentueux Gainsbourg. Un chef d’œuvre de la chanson française toujours apprécié de nos jours.
Quarante-deux ans après, le salon du deux-roues qui va se tenir au Port avait-il besoin, lui, de chevaucher de la sorte une tantine (-la-roue), pour « salonner » ou rouler ? En plus, on ne voit même pas le deux-roues sur l’image !
L’affiche placardée un peu partout dans l’île, à la vue des passants de tous âges, présente une image dévalorisante, rabaissante de la femme, notre mère, notre sœur, notre fille à tous. Qui oserait prétendre qu’il n’y a pas là provocation ? C’est exact qu’on a vu pire, qu’on est habitué à voir des femmes nues sur les publicités, qu’il suffit de se balader en ville ou d’aller attendre sa femme ou sa fille devant l’école pour que nos yeux soient agressés par le spectacle exposé par des femmes d’un certain âge comme par des filles à peine sorties du berceau. Mais dans un contexte d’agressions dont les femmes sont les premières victimes, est-ce raisonnable, une telle affiche ? Est-ce être libre que d’agresser nos regards (la liberté des uns commence là où…) de la sorte ?
Les deux-roues n’ont-ils pas suffisamment d’avantages ou d’arguments avantageux (on parle bien des courbes d’une moto, des trépidations qu’elle procure, etc.) pour avoir besoin d’utiliser ceux d’une tantine (la-roue) ?
Je félicite cette élue qui s’est indignée publiquement et a demandé à l’annonceur de retirer ses panneaux du territoire de sa commune. Il est à espérer que toutes les communes de l’île suivront son exemple. Et je dis honte à ceux (et celles aussi) qui font l’apologie de ce genre de dégueulasseries. Halte à la banalisation de la femme-objet.
Sans hypocrisie.

Marc Kichenapanaïdou


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