Di sak na pou di

Femmes, je ne vous dis pas bonne fête

Témoignages.re / 8 mars 2012

Le 8 mars est déclaré Journée de la Femme.
Normalement, c’est un jour de réflexion, de commémoration et de revendication. Étrangement, on assiste ici et en métropole à un glissement des comportements et à une déviation d’objectif.
Il n’y a plus de grand défilé, mais des expositions de savoir-faire, il n’y a plus de plateforme revendicative, mais des remises de médailles.
Cette première étape démontre tout autant un changement de mentalités que le souci d’occuper d’autres espaces de communication.
La deuxième étape est plus sournoise, plus vicieuse.
On entend maintenant dans les bureaux comme dans les couloirs des collectivités des messieurs dire « bonne fête » à des dames qui les remercient chaleureusement.
Quelle honte !
Comme la galanterie est un artifice désuet du machisme, souhaiter bonne fête à une femme parce qu’on est le 8 mars est une forme de phallocratie light et condescendante.
Encore quelques années et la fée Consommation aura cannibalisé cette journée comme elle a su le faire pour un 1er Mai laïque ou d’autres fêtes religieuses.
Les travailleurs se sont-ils battus pour qu’on puisse faire nos courses un jour férié ?
Pâques, est-il le jour où Jésus s’est réincarné en lapin en chocolat ?
N’en doutons pas, la puissance du marchandising pourra s’appuyer sur l’inconscient masculin pour que le prochain 8 mars soit un grand jour pour la promo des strings et des bijoux.
Femmes, je ne vous dis pas bonne fête, car j’ai beaucoup trop de respect pour vous et votre combat.

Emmanuel Lemagnen


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