Di sak na pou di

Grave ralentissement de l’économie de La Réunion

Témoignages.re / 12 octobre 2010

La situation économique de l’île de La Réunion continue de s’aggraver. C’est l’analyse que l’on peut faire actuellement, car tous les indicateurs donnent une tendance montrant que ce sera difficile à redresser.
Étant données toutes les orientations souhaitées par le gouvernement, il faut prendre des mesures de relance de l’activité.
Numéro un : relancer la construction de logements sociaux, mais le crédit de la LBU pour les DOM diminue et passe de 216 millions d’euros cette année à 195 millions pour 2011, soit une baisse de 21 millions d’euros. Dans le même temps, le gouvernement va encaisser 330 millions d’euros par an grâce à l’abaissement des crédits d’impôt et des niches fiscales.
12% des Français les plus riches auront droit aux cadeaux fiscaux faits par Sarkozy, 110 milliards d’euros cette année, alors que l’État souffre d’un soi-disant déficit de 140 milliards d’euros. Des cadeaux pour les riches, alors que tout le monde connaît les difficultés des 8 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, et une part encore plus forte à La Réunion avec 52% de la population en dessous de ce seuil.
Quand le gouvernement avoue que la croissance ne sera pas là, ce que le ministre oublie de dire, c’est que, depuis l’arrivée de Sarkozy en 2007, sa politique économique, sociale et culturelle en France est un échec total.

L’île de La Réunion marchera au ralenti en 2011. Vu la situation actuelle, nous aurons une population de 820.000 habitants en 2017, nous allons vers 1 million d’habitants et nous avons 110.000 illettrés. On atteint 140.000 chômeurs même si les statistiques donnent 110.000 inscrits. On voit l’état du secteur BTP s’aggraver depuis l’année 2009, avec 13.000 salariés qui ont perdu leur emploi. Dans le secteur commercial, on a environ 2.500 salariés licenciés.
Avec une île qui faisait en moyenne 5% de croissance annuelle les 10 dernières années et passe à 3,1%, puis à -2,7%, cela démontre bien que le secteur BTP faisait 2,128 milliards d’euros en 2008, pour passer à 1,028 milliard d’euros. Même les 500 millions d’euros avancés par le préfet en septembre 2010 ne pourront jamais redonner du travail à tous les salariés qui se sont fait licencier.
Cette année 2010, l’État avait programmé 5.250 logements sociaux. Au début du mois d’août, seulement 1.000 logements avaient vu leur dossier monté, donc 4.250 logements restent en attente.

Les décisions du gouvernement concernant la défiscalisation des logements et le secteur énergétique à La Réunion seront encore plus graves s’il n’y a pas de mesure de relance avec les moyens en conséquence pour relancer le secteur du BTP. Quand on regarde ce que le président de Région a fait en six mois, cela devient catastrophique si quelqu’un à la tête de cette collectivité n’a pas une vision politique pour amener un développement car, pour le moment, il n’y a rien comme projet pour relancer l’activité à part de distribuer l’argent de nos impôts.
Il est aussi responsable de la situation du BTP. Après avoir supprimé tous les grands chantiers, la Région a bloqué le Schéma d’aménagement régional, et là aussi, c’est un signe de la faiblesse de l’économie.
La Réunion va connaître un ralentissement des travaux en début d’année 2011 à cause des élections cantonales en mars tout de suite après. La période de la préparation de l’élection présidentielle sera aussi un danger pour la classe moyenne et les plus pauvres, car ceux qui sont au pouvoir vont attendre pour lancer les projets.

Roger Alagama


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