Di sak na pou di

Halte au Racisme et à la haine, Vialatte, démission !

Témoignages.re / 21 mai 2013

Nous protestons fermement contre les propos haineux et racistes tenus par Hean-Sebastien Vialatte, député UMP du Var qui assimile les casseurs du 13 mai 2013, lors de la fête du PSG, aux descendants d’esclaves. Cette injure envers nos ancêtres esclaves disqualifie ce « représentant » de la République et rappellent fortement les batailles incessantes que les représentants d’Outre-mer ont dû mener pour prendre leur place au sein de la République, à l’image de Mme Taubira-Delanon, autrefois Députée, et aujourd’hui ministre de la Justice qui est également la cible de cette attaque.

Parce qu’elle a fait voter la loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité (10 mai 2001), loi qui est régulièrement contestée, parce « qu’elle prône une « politique foncière » pour les descendants d’esclaves en Outre-mer. Evoquant les discriminations et le racisme qui sont « les survivances de cette violence », la ministre de la Justice affirme que « nous sommes tous comptables des injustices qui s’entretiennent et se reproduisent, parce qu’elles sont enracinées dans cette période d’esclavage et de colonisation » ("Le Monde" du11/05/2013.) notamment, et parce qu’elle a gagné brillamment la victoire sur la vieille garde républicaine concernant le mariage pour tous. Ce sont ces victoires qui ont poussé ce député à la haine comme il l’avoue lui–même : « J’ai fait l’amalgame avec la politique laxiste en matière de justice de Madame Taubira, qui conduit aux évènements d’hier (lundi), parce qu’aujourd’hui, les casseurs sont persuadés qu’ils n’auront pas de sanction », a-t-il déclaré à l’“AFP”, justifiant ces propos en prétendant qu’il s’était mal exprimé sur les propos de Christiane Taubira sur l’indemnisation des descendants d’esclaves, et qu’il ne supportait plus cette « repentance permanente de la France ». « La France a un passé, glorieux ou moins glorieux, et il est temps d’arrêter de s’excuser » (JIR du 16/05/2013).

Cette nouvelle attaque de la part d’un député de droite, comme celle de M. Fresche, député du PS, autrefois, comme celle du FN régulièrement concernant « les étrangers en France » vient nous rappeler que les victoires sur la haine et le racisme sont toujours fragiles et font l’objet de reniements systématiques.

C’est pourquoi, à la suite de la Fondation du Mémorial de la Traite des Noirs établie à Bordeaux, et à l’instar Mme Elizéon, déléguée interministérielle pour l’égalité des Français des Outre-mer, nous condamnons fermement ces propos racistes et nous portons plainte contre ce député qui n’est pas digne de représenter la République et doit démissionner sur-le-champ. Car il reste au demeurant insupportable aux "Domiens" de se voir systématiquement stigmatiser, par des élus issus de mouvances dites "décomplexées", bafouant ainsi les principes fondateurs d’égalité et de fraternité de la République française, soulignant, de plus, une contradiction totale avec la revendication des droits de l’homme et du citoyen.

C’est pourquoi, nous réclamons la condamnation systématique de toutes les dérives racistes en exergue dans les milieux sportifs, dans la sphère économique, politique et culturelle ou encore au sein des organismes sociaux qui resurgissent régulièrement en temps de crise et invectivent systématiquement les ressortissants d’Afrique ou d’Outre-mer, les Roms et toutes les populations considérées comme « indésirables » en France.

Nous dénonçons fermement ces velléités de pouvoir et ces mentalités qui datent de l’âge d’or du colonialisme français et qui cherchent à se perpétuer aujourd’hui.

Pour toutes ces raisons, nous pensons que la mission Lebreton sur la régionalisation de l’emploi doit accélérer le processus du retour au pays pour les Domiens souhaitant vivre et travailler dans leur pays et qu’elle doit tendre à l’application ferme et juste de la préférence régionale pour l’emploi dans les régions d’Outre-mer, afin de mettre un terme à toutes les souffrances dues à l’exil forcé, telles celles des déportés par les « lois scélérates » de Debré dans les années 1960, dont les enfants ont été victimes par la politique de migration massive des enfants réunionnais dans les départements français, ainsi que les fonctionnaires du fait de l’Ordonnance Debré. Le BUMIDOM qui s’est installé par la suite dans la continuité de cette politique d’extradition des populations d’Outre-mer, et aujourd’hui l’ANT, perpétuent ces campagnes massives pour la mobilité prônée par les différentes instances nationales et locales.

Il faut mettre un terme à ces invectives permanentes que subissent les peuples d’Outre-mer, cette fuite massive des cerveaux, ce déplacement nocif qui frise le dépeuplement, car c’est aussi cela la réparation, permettre aux Réunionnais et aux peuples d’Outre-mer de vivre en paix dans leur pays, de se réconcilier avec leur histoire et de prendre en main les rênes de leur propre développement.

AC-Reunion, Amba, Mouvman Sitoyin Rényoné Association Rasine KAF, Association La Réunion Debout


Kanalreunion.com