Di sak na pou di

Hé, Ho, mesdames les ministres !

Marylène Berne / 17 mai 2016

Vous êtes ou vous avez été ministres et le 15 mai 2016, vous signez une lettre pour dénoncer le sexisme dans le monde politique. Les militantes des associations le dénoncent également depuis des années ce sexisme et pas que dans les sphères que vous fréquentez.

Vous dites que les lois ne sont pas suffisamment appliquées. Nous le savons et pensions que ce serait à vous en tant que ministres d’impulser un élan avec les députées de l’Assemblée Nationale pour que l’application des lois deviennent réalité. Vous pensez que le code du travail qui protège les salariés n’est pas assez respecté. Cela aussi nous le savons par les témoignages de celles qui en font les frais.

Vous proposez des pistes, pourquoi pas, mais à quand une loi émanant du gouvernement et votée par les députés des deux sexes dans laquelle tous les thèmes évoqués seraient régis par un vrai cadre législatif ? Allongement des délais de prescription en matière d’agression sexuelle, possibilité aux associations compétentes de porter plainte… Je vous suggère de rajouter : éviction de l’homme violent du foyer avec rééducation obligatoire, création de centres d’hébergement indispensables pour celles qui en ont besoin, mise en place d’accueil spécifique pour les victimes de violences dans tous les commissariats, élaboration de programmes scolaires où les enfants apprendraient respect et tolérance de l’autre sexe. N’oublions pas que beaucoup de filles n’osent pas s’habiller en jupe dans certains établissements scolaires, dans les cités.

Enfin, imaginez les difficultés énormes rencontrées quotidiennement depuis des années par une ouvrière, une fonctionnaire, une secrétaire ou toute autre travailleuse subissant du harcèlement sexuel, des propos et des gestes déplacés par le patron, le chef de service… Toutes ces femmes qui ne sont ni ministres, ni élues sont offensées et humiliées par ces comportements indécents tout comme vous et en plus elles ont peur de perdre leur boulot et leur salaire.

Ecrire dans la presse, c’est bien, continuez en agissant pour doter toutes les femmes de notre pays d’un arsenal juridique pour mieux les protéger. Faites en sorte que dès le plus jeune âge les garçons comprennent que la mentalité machiste n’est pas de mise dans notre société.

Marylène Berne


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