Di sak na pou di

Hélicoptères : en finir avec les abuseurs !

Témoignages.re / 27 avril 2014

Combien de temps encore La Réunion va-t-elle supporter que quelques habiles financiers imposent à la population une pollution sonore quotidienne par les survols d’hélicoptères. Voilà un cas d’école qui concentre des abus de pouvoir et des habitudes dignes d’un passé colonial. Ainsi on sait qu’une station d’hélicoptères de l’ouest s’est installée par récupération d’un hangar « sans droit ni titre » des travaux de la route des Tamarins sur des terrains à vocation agricole sans permis de construire sans eau ni électricité et comme par un droit coutumier les autorités administratives au plus haut niveau (préfecture, mairie ...) ont avalisé sans scrupules ces effractions avérées. Aujourd’hui la zone ouest est sinistrée et bien sûr Mafate sous couvert de développement touristique.

Or à qui profite le crime ? Pas au développement touristique mais aux quelques nantis qui sont actionnaires de ces compagnies d’hélicoptères. En effet, ne peut-on imaginer que les touristes fassent un survol d’hélicoptère depuis les aéroports de Pierrefonds ou Gillot qui sont des lieux initialement prévus à cet effet ? Cette collusion de l’administration et de la finance est une honte pour La Réunion. Exemple : la société « CBO Territoria » qui est propriétaire du terrain où est basée la société « Corail Hélicoptères » a signé un bail avec la dite compagnie d’hélicoptères pour une plateforme intermédiaire (donc aucun hélicoptère ne devait y stationner) et avec garantie qu’il n’y ait aucune nuisance pour les riverains ! Que font en l’occurrence les services de contrôle de l’Aviation civile qui acceptent ces niveaux sonores insupportables ? Pourquoi ne mesurent-t-ils pas les altitudes de ces hélicoptères qui si souvent sont en-dessous des altitudes règlementaires ?

Comment tolérer qu’on déclare zone non urbanisée (avec survol à 300 m, chacun imagine le niveau sonore !) des zones avec des densités de population équivalentes à des centres villes (Villèle, Saint-Gilles les Hauts, La Saline, l’Ermitage…) ? La situation est réellement insupportable physiologiquement, éthiquement, démocratiquement, politiquement. Qu’on ne vienne pas nous parler de créations d’emplois … ceux qui s’intéressent aux vraies questions sociales de notre pays n’auront pas l’impudence de les mettre en avant à moins de connivences inavouées. Et quant au développement touristique nous sacrifions la sérénité de nos sites, le parc national, afin de permettre à quelques touristes des grands hôtels d’être à proximité des héliports alors que la population par dizaines de milliers de personnes subit quotidiennement le harcèlement sonore des hélicoptères.

Les autorités concernées, en particulier ceux qui s’occupent de l’image du tourisme réunionnais, feraient bien de reconsidérer la situation, et s’ils ne le font pas, à nous qui subissons ces nuisances de nous réveiller et de construire une réponse collective à ces souffrances individuelles organisées par une poignée d’abuseurs.

Didier Bourse


Kanalreunion.com