Di sak na pou di

Hier la Syrie, aujourd’hui le Hizbollah, demain l’Iran ?

Témoignages.re / 16 avril 2013

Depuis deux années et demie, la Syrie connaît une guerre civile très meurtrière, financée en grande partie par deux Etats alliés des puissances occidentales : le Qatar et L’Arabie Saoudite. Pour l’instant, la Russie et la Chine ayant officiellement opposé leurs veto au Conseil de Sécurité de l’ONU, aucune coalition militaire internationale ne peut intervenir dans ce conflit, sauf, à agir comme le fit le président Bush, en 2003, en Irak, dans l’illégalité au regard du droit international.

Malgré ce veto, l’Union européenne et la France en particulier veulent influencer les dirigeants européens afin d’envoyer des armes à l’opposition syrienne, sans jamais avoir cherché à identifier clairement les composantes de ladite opposition. Celle-ci demeure très composite, voire constituée de groupes armés aux objectifs contradictoires dont le seul point commun consiste à s’emparer du pouvoir aujourd’hui incarné par le président Bachar-Al-Assad. Tous les jours, des médias zélés nous abreuvent de chiffres dénombrant des victimes en dizaines de milliers de morts, bien évidemment sans jamais indiquer l’origine de ces victimes, pas besoin d’être un spécialiste en stratégie militaire pour comprendre que toutes les guerres civiles passées et à venir génèrent des victimes, résultantes de massacres commis par les deux parties conflictuelles sur le terrain. Dans le cas de la Syrie, les obus, les missiles, les attaques lancées par ce qu’il est convenu d’appeler l’armée syrienne libre restent totalement inoffensives, il s’agirait de jeux vidéos légèrement plus imposants que ceux des PlayStation des enfants de l’Occident. En revanche, la moindre balle tirée par une kalachnikov des soldats de l’armée régulière syrienne aux ordres de Bachar Al-Assad produit des dégâts considérables immédiatement associés à une atteinte aux droits de l’homme, voire à un crime contre l’humanité.

En fait, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une analyse géopolitique régionale pour mieux comprendre l’enjeu du conflit syrien qui dépasse de très loin une simple belligérance intérieure.

Lors de son discours au parlement européen, le 12 mars 2013, le président israélien Shimon Peres demanda aux eurodéputés d’inscrire le Hizbollah Libanais parmi les organisations terroristes, à l’instar du gouvernement israélien. Il faut se rappeler la défaite cinglante infligée par le Hizbollah libanais (parti politique ayant des ministres dans le gouvernement libanais) à l’armée israélienne lors de sa tentative d’invasion du Liban en 2006. Ce parti politique appelé Hizbollah demeure l’allié le plus sûr du président Bachar-Al-Assad au Liban, dans le même temps, ce parti est aussi l’allié d’une autre puissance régionale : La République Islamique d’Iran, qui elle-même reste l’alliée de la Syrie.

Si l’on se souvient de toutes les pressions exercées depuis des années, à l’initiative des Etats-Unis, d’Israël et de l’Union européenne, on comprend mieux l’affirmation du président israélien Shimon Peres : « Nous nous approchons de la ligne rouge ». En effet, ce dernier demande aussi le renforcement des sanctions contre la République Islamique d’Iran en martelant l’objectif clairement assigné par les gouvernements israéliens successifs et repris par toutes les puissances occidentales : empêcher la République Islamique d’Iran de devenir une puissance nucléaire alors qu’Israël : pays colonisateur, dispose d’un arsenal nucléaire considérable. En vertu de quel principe de légitimité internationale ou régionale, certains dirigeants israéliens, américains, européens, s’arrogeraient-ils le droit de décider qui doit posséder l’arme nucléaire et qui ne doit pas la détenir ?

Ainsi, l’hypothèse d’un renversement du président Bachar AL-Assad, la marginalisation du Hizbollah libanais, l’inféodation américano-israéleo-européenne des Emirats Arabes Unis, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, ouvrent un espace sécurisé à toute attaque militaire de la République Islamique d’Iran, métaphore de "la ligne rouge" énoncée par Shimon Peres.

Luis-Nourredine Pita

(Le Port)


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