Di sak na pou di

Hommage à nos ancêtres esclaves morts sans sépulture

Le 31 octobre au cimetière du Père Lafosse

Témoignages.re / 4 novembre 2013

Jeudi 31 octobre, lors de la célébration en hommage à nos ancêtres morts sans sépulture au cimetière du Père Lafosse, à Saint-Louis, Reynolds Michel, entre autres, est intervenu. Voici son discours.

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L’hommage que nous rendons aujourd’hui à nos ancêtres esclaves morts sans sépulture dans ce vieux cimetière du Gol, dit également Cimentière des âmes délaissées , est tout un symbole. Faire mémoire de tous ces résistants morts dans des circonstances tragiques, cadavres abandonnés sans sépulture, est un acte de réparation nécessaire. Le devoir de mémoire s’impose. Pour eux, pour leur repos, pour leur félicité, mais également pour nous en lien avec eux. Car c’est de là que nous venons. C’est grâce à cette résistance que nous sommes présents au monde. C’est sur elle que nous devons nous arc-bouter pour refuser toute fatalité et construire un monde où chacun puisse trouver sa juste place et sa pleine dignité.

Ce cimetière où le Père Jean Lafosse est enterré ainsi que de nombreux esclaves est le lieu par excellence où nous pouvons transmettre cette mémoire de résistance et d’inventivité permanentes. Nos militants culturels l’ont bien compris et ils ont investi ce lieu depuis les années 70. Nous pensons au Père René Payet, décédé le 8 septembre 2011, et qui venait régulièrement depuis ces années-là célébrer la messe dans ce cimetière à l’occasion du 20 Décembre et quelquefois avec ami et frère Jean Cardonnel. Il nous invitait à être des hommes debout dans la ligne ce qu’il disait déjà lors de la célébration du Tricentenaire du peuplement de La Réunion, le 3 octobre 1965.

Salut René, salut Jean.

Le CDPS avait pris ensuite le relais en venant honorer en ce lieu la mémoire de nos ancêtres , en faisant revivre la mémoire du marronnage pour se dire, se raconter et s’inventer une vie plus humaine. Et là, nous pensons à Dédé Payet et ses inséparables dalons au cœur de tous les événements culturels qui se sont déroulés dans ce lieu, à l’occasion notamment de la semaine du 20 Décembre. Dédé qui nous a quittés tout récemment avait tout donné pour mèt an-lèr cette culture du marronnage aux racines plurielles, cette culture anticipatrice d’un monde autre qui nous projette en avant. Il a également contribué à la rénovation de ce lieu de mémoire en nous invitant à rester debout en suivant l’exemple de l’esclave Amant.

Salut Dédé et paix à toi.

Nous pensons également à d’autres camarades, à Bernadette Padady, Rico Payet, Irénée Cadet, Laurence Vergès et à bien d’autres.

Reynolds Michel


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