Di sak na pou di

Humiliée : la France à genoux devant le seigneur de l’acier

Témoignages.re / 8 décembre 2012

Quand ils bradaient Arcelor en 2006, les rois de la privatisation se croyaient dans le train de la modernité, roulant vers l’avenir radieux du libéralisme. Et les voilà en pleine féodalité, à genoux devant le seigneur de l’acier.

Pourtant, de prestigieux universitaires, chercheurs, professeurs d’Économie, les avaient mis en garde sur le fait que chaque privatisation est une perte de souveraineté, doublée d’un transfert de fonds de l’État, vers des personnes privées et les casinos boursiers...

Malheureusement, les gouvernements successifs ont préféré s’agenouiller devant les moulins à prière du MEDEF & Co : « Libérez les marchés, donnez-nous s’il vous plaît le contrôle des pôles stratégiques de l’économie : l’acier, les banques, l’énergie, l’eau, les télécoms, la poste, les transports, l’électricité, l’université, les médias, etc.! Surtout, n’oubliez pas de nous céder les milliards qui vont avec !? Faites en sorte que les gains de productivités restent dans notre poche, et celles de nos actionnaires, désindexez les salaires, précarisez les travailleurs... On vous promet des investissements, des emplois … Ainsi soit-il ! ».

Endoctrinés par ce discours, les membres des gouvernements de toute l’Europe ont privatisé à tout va. Aujourd’hui, c’est fait !

Oligarques et capitalistes ont tout récupéré : les banques, les télécoms, le pétrole, EDF GDF, même la presse grand public pour formater les cerveaux, etc. On leur a même offert nos autoroutes que nous avons mis des années à payer et qui, malgré un prix des péages accessible, rapportaient 3 milliards de bénéfice à l’État chaque année. Somme qui aurait pu aider à financer des hôpitaux par exemple ou d’autres services publics… Aujourd’hui, qui peut dire où vont les bénéfices des sociétés privées d’autoroutes ?

Bref ! A force d’appliquer le logiciel libéral qui a rendu tabou toutes nationalisations, nos politiciens se retrouvent comme Don Quichotte, à brasser du vent sous les moulins. Ils sont impuissants, démunis de tous les leviers pour orienter une politique économique au profit de la population, dans des domaines aussi décisifs que les stratégies industrielles, l’emploi, la politique salariale, le développement des services publics…

Questions : - À quoi sert de voter pour des hommes et femmes politiques privés des pouvoirs d’agir sur les destinées économiques du pays ? - Quel espace reste-t-il alors aux choix démocratiques des citoyens ?

Heureusement, Monsieur Montebourg a relancé un débat salutaire qui brise un tabou… N’en déplaise aux néo-libéraux de droite et de gauche, fanatiques du libre-échange, béni oui oui devant une Europe des privatisations, de la concurrence libre et non faussée qui interdit toute harmonisation fiscale, et qui, de plus, impose une monnaie unique surévaluée, incompatible au niveau de notre économie… Encore heureux qu’il existe dans notre pays et en Europe des hommes et des femmes politiques, élus ou non, capables de gérer notre économie. Des associations, des syndicats, qui se battent pour un meilleur partage des richesses en veillant à la préservation la planète ; des militants altermondialistes, le mouvement des indignés, qui agissent ensemble pour la reprise des leviers économiques par les citoyens et leurs représentants. Ce projet de société qui s’élabore peu à peu passe par un développement de la démocratie dans tous les domaines : politique, social et surtout : économique... Pour cela, il devient urgent de remettre les forces sociales et écologistes en synergie. Mais pour éviter toute confusion, toutes illusions, mieux vaut faire la clarté sur nos véritables alliés en répondant à cette question : la Direction du PS est-elle de gauche ?

Allons-nous assister comme à l’UMP à une scission et voir se constituer à l’Assemblée un groupe PS de gauche autour de Monsieur Montebourg et un groupe PS spongieux absorbant telle une éponge les théories, les croyances, les tabous de la droite néolibérale ?

Didier Le Strat


Kanalreunion.com