Di sak na pou di

Identité et laïcité

Témoignages.re / 11 mai 2012

Au terme de l’élection présidentielle et de la Journée de commémoration de l’esclavagisme, il est un concept qui sous-tend plusieurs problématiques, celui de l’identité nationale pour les uns, particulière pour les autres, facteur de communautarisme ou d’émancipation, chacun s’octroie la définition et le bénéfice du mot. Une politique anti-immigratoire, de l’ostensibilité d’un vêtement ou un rituel d’abattage, le renfermement et le repli séduisent, de la hantise de l’étranger au protectionnisme illusoire. Pourtant, le fait culturel dont devrait s’enorgueillir une démocratie constitue l’apport permanent d’influences extérieures, comme ce fut le cas de La Réunion se situant, de par son histoire, au carrefour du monde. La dimension intra-culturelle de l’identité réunionnaise se construit aux antipodes de l’uniformité et fournit une possibilité à la France hexagonale. L’éthique humaniste qui s’abreuve aux sources de l’altérité refuse les discours de dominants à dominés même si, sous couvert de communication et de sourires, couvent les relents nauséabonds d’une époque où couleurs, races et religions servaient de justifications à une hypothétique supériorité. La conscience historique dont se délestent allégrement des écervelés n’entretient aucun rapport avec le complexuel, mais participe à l’élaboration d’une personnalité instruite de ce qui l’a précédé. Ainsi, dans un même mouvement s’étiolent les réflexes néo-coloniaux pour ouvrir la voie de ce que prévenait Césaire, ne pas s’emmurer dans le particulier, ne pas se diluer dans l’universel.

Radjah Véloupoulé


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