Di sak na pou di

« Il existe encore à La Réunion des élus qui ne ressemblent pas à Ti Garçon Sarko »

Témoignages.re / 8 novembre 2010

Le gouvernement veut enlever aux collectivités réunionnaises leurs compétences en matière de transport !
La tentative de passage "en force" de Didier Robert, avec les encouragements du pouvoir parisien, a lamentablement échoué, une fois de plus.
Un nouvel exemple : lorsque la mandature précédente avait élaboré le dossier du tram-train, tout avait été réfléchi et analysé. Notamment la question du « maillage » entre le tram-train et les autres modes de déplacements, notamment les réseaux de bus, que ce soit ceux du Département ou ceux des intercommunalités.
L’idée d’une Autorité organisatrice de transport (AOT) pilote avait été avancée et approuvée par une immense majorité de partenaires. La raison est simple : le leadership d’une telle AOT unique pouvait — voire devait — être laissé à la Région car le secteur du transport ferroviaire était la colonne vertébrale de cette même intermodalité, de ce maillage.
La situation aujourd’hui n’est plus du tout la même. Didier Robert a décidé de ne pas faire le tram-train et de proposer une pseudo solution alternative : le bus.
Ou plutôt les bus. 2.000 bus, nous avait-on promis. Aujourd’hui, il n’y en a « que » 1.000. Mais ces bus, vont-ils circuler en site propre, comme promis ? Où sont ces sites propres ? Vont-ils circuler dans les Hauts comme dans les Bas ? Tout cela reste encore très très confus.
La sagesse voudrait que Didier Robert admette publiquement et par écrit que c’est le Département qui doit être chef de file ! Car c’est bien le Département qui a la compétence du transport par bus.
Voulant détenir le leadership pour une compétence que la Région n’a pas, il essaye toutes les ruses et emploie toutes les méthodes. Comme celle de demander à ses amis UMP de faire le forcing. La question écrite déposée par le député Éric Raoult, le 03 août dernier, est donc symbolique. Il interroge la ministre de l’Outre-mer sur les questions d’embouteillages aux entrées des grandes villes ultramarines.
La réponse du ministre est "téléphonée" (réponse parue au JO du 02/11/2010) : elle rappelle que, « en matière d’organisation des transports, les communes, le Département et la Région se partagent l’exercice des compétences, la commune étant en charge des transports urbains, le Département, des transports interurbains et scolaires et la Région, de tout projet d’intérêt régional ».
Un raccourci quelque peu rapide, car il y a des intercommunalités qui assurent du transport scolaire. Et une seule commune (Le Tampon) qui jusqu’à l’an dernier n’a pas délégué à son EPCI sa compétence transport.
La ministre souligne ensuite les engagements de l’État notamment dans les lois “Grenelle 1 et 2” qui prévoient des mesures d’adaptation pour l’outre-mer quant à l’organisation des transports intérieurs. Notamment « désigner dans chacun des DOM-ROM une autorité organisatrice de transports unique et que soit délimité un périmètre unique de transports. Cette autorité, désignée en accord avec les élus locaux, pourra déléguer l’exercice de ses compétences aux autorités locales les plus à même de les gérer localement ».
Oui, il s’agit bien d’une DÉSIGNATION par le gouvernement d’une AOT gérée au plan national puisque celle-ci pourra DÉLÉGUER ses compétences aux collectivités LOCALES.
Vous avez dit libre administration des collectivités locales ? Vous avez dit décentralisation ? Heureusement qu’il est précisé "EN ACCORD AVEC LES ÉLUS LOCAUX". Et la "leçon" administrée par le vice-président du Département en refusant un projet 2.000 bus trop flou montre à l’opinion qu’il existe encore à La Réunion des élus qui ne ressemblent pas à Ti Garçon Sarko et ne sont donc pas des élus "godillots".

Kora-Ly Payet


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