Di sak na pou di

Il y a des signes à Saint-André qui ne trompent pas !

Témoignages.re / 13 novembre 2013

En mars 2008, après plusieurs décennies de luttes des communistes — dans des conditions extrêmement difficiles —, le peuple de Saint-André a enfin réussi à mettre un terme au règne de la Droite — Virapoullé et Camatchy — à la direction des affaires de leur commune. De longues années de pouvoir marquées par la fraude, la violence électorale, le clientélisme, le favoritisme, etc. Cette victoire succédant à celle de mars 2004 qui avait vu l’élection de deux conseillers généraux sous l’étiquette PCR aurait du renforcer le Parti communiste réunionnais, et avait suscité un immense espoir à Saint-André. Mais hélas ! Le rêve aura été de courte durée.

L’ambition personnelle effrénée et l’égo démesuré ont vite fait tourner la tête au maire nouvellement élu, étiqueté "communiste" à son corps défendant, au vu de ce qui s’est passé ensuite. Après avoir profité au maximum des avantages de son statut obtenu sur le dos du Parti communiste réunionnais et de ses militants, Eric Fruteau a renié sans scrupule aucun, les valeurs et principes qu’il était censé défendre. Et en un temps très court, le Maire de Saint-André va causer plus de tort au Parti, que Virapoullé au cours de sa carrière. Les coups portés sournoisement par Eric Fruteau au PCR à l’occasion des Législatives de 2007, des Européennes de 2009, des Régionales de 2010 ou encore des Sénatoriales de 2011 sont encore dans les mémoires. Par ailleurs, est-il besoin de rappeler les multiples attaques et insultes dont les dirigeants du Parti ont été l’objet, et notamment Paul Vergès. Et ce ne sont là que quelques exemples...

La boucle était ainsi bouclée parce que c’était déjà ce même Eric Fruteau qui avait décrété, bien avant même son élection en mars 2008, que « Saint-André et la Zone-Est » soient un « domaine réservé ». Tout autre citoyen ayant des velléités politiques y devenait indésirable ! Conception très primaire qui rappelle cette théorie animalière du mâle solitaire marquant son territoire contre l’accès de ses congénères et autres intrus ! Ou encore cette notion de « réserve seigneuriale » datant de la féodalité, et abolie lors de la Révolution française il y a plus de deux siècles !

Cette trahison, inévitablement, a eu pour effet de déstabiliser et de démobiliser les militants PCR, mais aussi de diviser la population saint-andréenne. Une population aujourd’hui très déçue qui se rappelle encore ce slogan flatteur de campagne d’Eric Fruteau en 2008 : "Saint-André Uni, Rassemblé, Libéré", et de surcroit irritée par l’arrogance persistante et insupportable qu’il étale depuis son élection.

Forcément, une telle conduite du maire, un tel état d’esprit ne permettent pas un bon fonctionnement de la collectivité, une gestion harmonieuse des affaires de la commune. Pour preuve, ne faisant confiance à quasiment personne, méfiant de son ombre, et jugeant incompétents les membres de sa majorité, Eric Fruteau confie à un petit cercle rapproché — « très rapproché même » — tous les pouvoirs de décision de la commune au mépris des élus légitimés par la population en mars 2008. Une vision bien particulière de l’exercice du Pouvoir et de Démocratie de celui qui ne rate pas une seule occasion pour s’attribuer toutes les vertus du monde ! Résultat : Saint-André i refé pa et i avans pa !

Cette méthode de gestion très spéciale et « clanique » du maire de Saint-André est d’autant plus critiquable et scandaleuse qu’il l’avait lui-même dénoncée, au cours de la campagne électorale de 2008, en même temps qu’il fustigeait « La Familiocratie » !

Ceci étant, aujourd’hui, il est rassurant et encourageant de constater que la grande majorité des militants communistes de Saint-André se sont enfin retrouvés, en dépit des pressions exercées et de l’utilisation des pratiques datant d’une autre époque, réaffirmant ainsi leur fidélité au PCR et témoignant leur refus d’accompagner Eric Fruteau dans son entreprise de destruction de leur Parti. Par ailleurs, il est à noter que la population saint-andréenne d’une façon générale, jusqu’ici assez discrète et réservée est en train de « se réveiller », et ne désire aujourd’hui qu’une chose : tourner et oublier vite cette page où sont gravés en lettres capitales les mots  « trahison, arrogance, mépris » et auxquels il conviendrait de rajouter  « dérision ». Elle souhaite autre chose, en mars prochain, une équipe, un maire, des élus qui soient à son écoute, proches d’elle et soucieux de faire avancer véritablement Saint-André, et non préoccupés par leurs carrières politiques, leurs intérêts personnels ou familiaux. Quant au numéro de cirque mis en scène par Eric Fruteau à propos de la procédure de la désignation de la tête de liste PLR, quelle soit familiale ou non, il est particulièrement ridicule. Il est impossible de descendre plus bas. Mais les Saint-Andréens ne sont pas idiots !

En résumé, l’on peut raisonnablement avancer que les conditions sont réunies pour qu’en mars 2014, le peuple de Saint-André récupère sa Mairie. Mais cela exige bien entendu un large rassemblement. Celui-ci est en marche autour des candidatures de Joé Bédier et Gélita Hoareau soutenues activement par les membres de la Section PCR. Il y a des signes qui ne trompent pas. Une nouvelle page de Saint-André est en train de s’écrire !

Paul Dennemont

Saint-André


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