Di sak na pou di

Inscription du maloya au Patrimoine immatériel de l’UNESCO : la Région oublie le rôle de la MCUR

Témoignages.re / 21 septembre 2011

En octobre 2010, la Région avait déjà voulu célébrer le premier anniversaire de l’inscription du maloya au Patrimoine immatériel de l’UNESCO en finançant “La nuit du maloya” à Saint-Pierre et à Bras-Panon. Une action menée « Dans le prolongement des Journées du Patrimoine ».

En septembre 2011, la Commission permanente verse 289.000 euros pour une manifestation. Elle explique : « Inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité depuis le 1er octobre 2009 et emblème de la culture réunionnaise, le maloya sera à l’honneur lors de nombreux événements initiés par la collectivité régionale ».

La Commission permanente valide donc l’organisation d’un événement à Cilaos : actions en faveur des scolaires, conférences, expositions, animations et plateaux musicaux,…) ainsi que des actions dans les 4 micro-régions : conférences, animations musicales dans les CRR. Ainsi, il y aura des concerts à « Cilaos, Saint-Paul, Saint-Benoît, Salazie et Bras-Panon, du 30 septembre au 2 octobre prochain ».

Lors de son discours, Jean-François Sita, le vice-président en charge de la Culture, devait avoir cette phrase : « Cette année, le maloya soufflera sa deuxième bougie ». Non, “seulement” le 2ème anniversaire de son inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mais pour la Région de Didier Robert, l’histoire a de curieux raccourcis : « En octobre 2009, l’UNESCO décide que le maloya satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité pour les raisons qui suivent ».

Les raisons sont évoquées. Avec cette phrase : « La candidature présente des mesures de sauvegarde récentes telles que le soutien aux artistes pour la diffusion de l’élément, et des mesures proposées, telles que des travaux de recherche dans divers domaines, l’organisation de classes et d’ateliers sous les auspices des services réunionnais de l’éducation ».

Et cette autre phrase : « La candidature a été préparée avec le soutien et la participation de diverses associations civiles et institutions gouvernementales ; elle a été soumise avec leur consentement libre, préalable et éclairé ».

Hallucinant : la Région évoque la candidature, mais omet volontairement de dire qui a rédigé le dossier. Autrement dit, la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.

C’est d’une malhonnêteté incroyable. Mais pouvait-on s’attendre à autre chose de la part de Réunionnaises et de Réunionnais qui dénigrent le créole ?

Manon Sandrine


Kanalreunion.com