Di sak na pou di

Internet ou impolitesse ?

Témoignages.re / 4 mai 2010

Fête de l’Internet par ci, Fête de l’Internet par là. Internet pour vous, Internet partout ! Les possibilités d’accès à Internet se multiplient avec la Wifi, les téléphones mobiles et autres consoles de jeux, l’accès aux cyber, etc. Plus de dialogue physique, plus de déplacement, on communique désormais en ligne. C’est devenu systématique, on “maile”. On gagne du temps, certes, mais qu’est-ce qu’on perd !
On perd les règles les plus élémentaires du savoir-vivre. On écrit (on “maile”) et on envoie, on reçoit et on lit (toujours des “mails”). Avec les téléphones portables, on envoie et on reçoit des « textos ». Pour aller plus vite, pour que cela coûte moins cher, on fait fi de l’orthographe.
Mais l’immense majorité des adultes d’aujourd’hui n’a pas été élevée dans ces nouvelles habitudes de communication. Alors, je fais comme je peux, et d’autres, comme ils peuvent ou… comme ils veulent. Et qu’est-ce que je constate ? Je constate qu’on répond parfois seulement aux messages qu’on reçoit ou qu’on ne répond même plus ou plus dans les délais, qu’on ne met plus la forme : on commence sans entête, on termine sans formule de politesse.
Est-ce la faute du mail ou du téléphone mobile ? Est-ce eux qui rendent nos correspondants mal élevés ? Je ne crois pas. Je crois plutôt qu’ils en profitent pour libérer leur côté mal élevé. Après, ils vous diront qu’il faut aller à l’essentiel, que c’est la modernité technologique qui veut ça, qu’il faut être dans le coup, qu’il faut vivre avec son temps, qu’il faut aller vite car c’est la vie d’aujourd’hui qui veut ça, qu’il faut éviter de perdre du temps, qu’il ne faut chercher que l’efficacité, que sais-je ? Ces gens se f… de ces notions de politesse et de savoir-vivre chères aux générations passées. Quel mépris pour les anciens !
Moi, je ne suis pas d’accord avec de tels comportements. Je dis que quand on est poli, quand on sait vivre, on est aussi poli dans la vie que sur Internet. L’informatique n’est pas coupable des comportements des humains.
Et puis, que les malpolis, les malotrus (comme on les appelait… avant) ne prétendent pas que Internet a mal marché pour essayer d’excuser leurs comportements de malotrus ! Avant, ces mêmes gens existaient, qui prétendaient aussi que c’était la faute du facteur si vous n’aviez pas reçu leur réponse.
Alors, Internet, c’est bien, mais rien ne nous empêche de prendre notre plus belle plume, notre papier à lettre et d’écrire (le facteur existe toujours !). Vous me rétorquerez que le facteur ne sera jamais aussi rapide qu’Internet. Et patati et patata, etc.

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com