Di sak na pou di

Jacqueline, comment peux-tu apporter ta "pierre" au tourisme réunionnais ?

Témoignages.re / 12 juin 2010

Bravo tout d’abord à cette grande dame de la chanson réunionnaise qui a su faire rayonner l’île dans une grande partie du monde et toutes mes félicitations pour cette nomination ; Jacqueline est en effet à la fois une artiste, une organisatrice de talent et une femme de cœur.

Une grande mission s’offre à elle : celle de fédérer tous les professionnels du secteur, et pas seulement les "gros zozos" bien implantés dans nos assemblées pour recueillir des subventions hôtelières et dont les chambres très souvent inoccupées deviendront bien vite des meublés plus rémunérateurs...

C’est que ce n’est pas de nouveaux hôtels, ni de nouvelles chambres dont La Réunion à besoin... comme le clament les "gros zozos" pour récupérer les subventions du tourisme. En effet, toutes les études montrent que les structures actuelles peinent à dépasser 50 à 60% de remplissage les 2/3 de l’année. Par ailleurs, le tourisme d’affinité, celui qui représente 80% de nos visiteurs, n’a pas les moyens de s’offrir — après un coût prohibitif de billet d’avion — de grosses structures. Ce qu’il aime(rait) : des gîtes de qualité, des chambres d’hôtes, des VVF accessibles aux touristes durant les vacances scolaires, des campings de qualité sur la côte et à mi-pente...

Si nous ne parvenons pas à attirer la moitié des touristes qu’attirent nos voisins mauriciens, ce n’est pas par manque de propositions : L’offre y est éclectique : il y a tout ici : l’hélicoptère, la plongée, l’ULM, les promenades en mer, le parapente, le cannyoning, des visites guidées d’ordre culturel...

Ce qui nous manque ici ?
Le bilinguisme (d’où notre incapacité à attirer les touristes étrangers),
l’animation dans les hôtels et dans les principales villes le soir (pas de conférences, danses folkloriques, ni animations comme à Maurice),
La propreté : des plages propres (coraux à enfouir, oursins à enlever sur la bande côtière de 10 mètres, poubelles à multiplier, équipes de ramassage des cadavres d’animaux comme des déchets (sur les plages comme sur les sites de randonnées à l’aube), ombragées (parasols gratuits) et équipées (poubelles, chaises longues, etc.),
des OTI dynamiques qui participent à la création et à la promotion des produits et informent de la totalité de l’offre (et pas seulement celle de leur région car financés par leur seule commune et leurs adhérents locaux) avec des panneaux d’affichage et des fiches par structure.
Il nous manque aussi une vraie concertation avec l’ensemble des professionnels, petits et grands, porteurs d’idées et de projets ; des hôtels qui ne se limitent pas aux 5 visites traditionnelles au prix fort (environ 60 euros/pers./jour) avec leurs agents réceptifs, mais jouent enfin l’ouverture, avec l’ensemble des petites structures, de loisirs notamment et offrent une information objective et diversifiée.

Quand ce professionnalisme sera atteint, on pourra peut-être alors penser à produire des combinés Réunion/Maurice, mais ne soyons pas étonnés que l’île sœur ne nous sollicite pas plus quand on s’aperçoit que la ligne d’avion Maurice/Réunion/Maurice reste une des plus chères du monde et que notre professionnalisme ait encore du chemin à parcourir.

Bon vent Jacqueline et tous nos vœux de réussite.

Patrice Louaisel,
Un petit professionnel du tourisme


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