Di sak na pou di

Je suis d’accord avec M. Guéant

Témoignages.re / 13 février 2012

« Oui, c’est une saison blanche et sèche
Mais les saisons ne font que passer », (Mongane Wally Serote)

Bien sûr, je suis d’accord avec M. Guéant. Toutes les civilisations ne se valent pas. L’histoire de l’humanité en témoigne, il y a des civilisations qui vivent en harmonie avec leur milieu ; il y a des civilisations pour lesquelles l’hospitalité est une règle majeure.

Et d’autre part, il y a des civilisations au comportement prédateur. Des civilisations qui récompensent l’hospitalité par la barbarie, la volonté d’exploitation, l’esclavagisme, le colonialisme.

Je suis d’accord avec M. Guéant : toutes les civilisations ne se valent pas. On ne peut mettre sur le même pied d’égalité les sociétés qui imposent le port de la burqua et les sociétés qui réduisent les femmes à l’état d’objet, qui trouvent normal qu’on exhibe des paires de seins ou de fesses pour vendre de l’huile d’olive, des savonnettes, des voitures…, ou n’importe quoi d’autre.

En aucun cas, on ne peut comparer les sociétés qui, d’un côté, instrumentalisent le corps de la femme, qui la chosifient, et de l’autre, les sociétés qui ne veulent pas agir dans ce sens.

Il est évident que l’on ne peut attribuer la même valeur aux sociétés qui ont construit leur prospérité sur l’exploitation, la déportation massive. Des sociétés qui partout ont réussi à s’imposer par la force, la brutalité.

Des sociétés qui ont toujours eu à cœur de déshumaniser leurs voisins à des sociétés qui n’ont pas eu l’intelligence de faire de même.

Comment pourrait-on comparer ceux qui ont eu la ruse de cacher leur barbarie sous le drap souillé des droits de l’Homme à des civilisations plus anciennes qui n’ont pas eu cette finesse.

Il m’apparaît tout à fait inacceptable que ceux qui se tiennent derrière la vitrine fumée de la démocratie puissent être comparés à ceux qui n’ont pas eu la même idée.

Comment oserait-on comparer les civilisations qui ont pu par la force, ou la corruption sournoise à grande échelle, imposer le chaos, les génocides, à ceux qui ne leur ressemblent pas, à ceux qui ne peuvent pas le faire.

Je suis d’accord avec M. Guéant, le terme même de civilisation permet à certains de s’enfermer dans leurs frontières (d’excuser aussi les crimes de masse cf. le massacre en Norvège) et à d’autres de se faire exploiter.
Cela relève pour le moins de la névrose, lorsque l’on s’autorise à comparer des civilisations qui se contentent de vivre leur histoire en passant par toutes les étapes et les atermoiements intrinsèques à une évolution aux civilisations qui se permettent des comportements coloniaux, qui se permettent des bombardements, qui se permettent d’entrer en guerre, qui se permettent des Guantanamo pour convaincre les autres, d’aller plus vite dans le sens de la “lumière”.

M. Gérard Longuet a raison lorsque, pour soutenir M. Guéant, il nous dit : que toutes les civilisations ne proposent pas le même bonheur de vivre.

Qui oserait le contredire ? En affirmant que le bonheur de vivre crée en masse des suicides, où l’on peut voir des mères de famille prostituer leurs progénitures pour un caddie de courses, ou cacher les fruits multiples de leurs grossesses dans des congélateurs. Une civilisation qui offre au monde des serials killers.

Qui oserait dire que cette civilisation ne propose pas au monde un bonheur de vivre supérieur à toute autre civilisation. A cela on peut ajouter l’exploit, qui consiste pour les participants à cette civilisation supérieure de vivre comme une chose banale, comme un décor commun : les démunis, les sans-abris qui, sur le trottoir, mendient et meurent de faim.

C’est la profonde bêtise des autres civilisations, des autres peuples, des peuplades primitives qui les amènent à refuser que cela se produise.

On en arrive à plaindre sincèrement ces sociétés qui n’ont pas l’étendard des valeurs du siècle des Lumières et des droits de l’Homme pour s’aveugler sur ce qu’elles sont réellement.

Toutes ces misérables civilisations qui, en six millions d’années d’histoire de l’évolution humaine, n’ont su faire que préserver leur environnement doivent nécessairement admettre la supériorité des civilisations qui, elles, ont détruit, saccagé et mis en danger l’ensemble de la planète en à peine deux mille ans.

Je suis d’accord avec M. Guéant, toutes les civilisations ne se valent pas.

Armel Bataille


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