Di sak na pou di

Jean-Paul Virapoullé carriériste et maitre de carrière !

Paul Dennemont / 29 août 2016

Ah, notre belle langue française avec ses paronymes ! Carriériste, carrier, maitre de carrière, des mots et qualificatifs qui prêtent à confusion de sens. Cela dit, l’on peut être à la fois carriériste et maitre de carrière, en créole, vendèr lo ross. C’est le cas aujourd’hui du maire de Saint-André !

Jean-Paul Virapoullé, carriériste de la politique, ça on le sait. Des décennies durant, il s’est accroché au pouvoir, à n’importe quel prix, en recourant à des méthodes condamnables dont certaines ont marqué les mémoires. Je n’y m’attarderai pas. Elu conseiller général le 21 décembre 1969, face à Paul Vergès avec 169 voix frauduleuses d’écart, puis maire, conseiller régional, député, sénateur, il a occupé tous les mandats électifs. On ne peut pas dire que durant ces années, il a fait avancer la Réunion.

Le 16 mars 2008, après 36 années de règne à la mairie de Saint-André, Jean-Paul Virapoullé est enfin délogé. Il aura fallu 50 ans de lutte au PCR et à ses fidèles et inusables militants pour reconquérir cette mairie qui leur avait été volée, en 1957, au lendemain de la disparition du Dr Raymond Vergès, avec la complicité du célèbre préfet Perreau-Pradier.

Dans la presse, du 17 mars 2008, on pouvait lire « Le lion est mort, ce soir », « C’est fini pour Vira », « Vira, viré », ou encore « Coup de tonnerre à Saint-André »…. Et que sais-je encore. À cet instant, personne n’imaginait que Jean-Paul Virapoullé pouvait un jour revenir aux affaires, d’autant que l’intéressé lui-même, très affecté, amèrement déçu, déclarait qu’il allait se consacrer désormais à sa famille, et cultiver l’art d’être grand-père.

Mais chassez un carriériste de la politique, comme Jean-Paul Virapoullé, il revient au galop. Six années plus tard, sans amulettes ou autres gris-gris, celui qui s’est fait entretemps appelé affectueusement « Tonton » revient requinqué et reprend le 30 mars 2014, les rennes de la mairie, avec 63 % des suffrages, s’offrant même le luxe de distancer de 10000 voix son adversaire immédiat ! Etonnant pour les uns, mais prévisible pour les plus avisés, comme moi. Quoi qu’il en soit, son come-back aura pour effet de le rapprocher de Didier Robert qu’il avait pourtant « totoché » un peu avant et traité de tous les noms. La suite on la connait. Et le voilà aujourd’hui, grand maitre de carrière !

Sommairement . Tout débute lors du conseil municipal du 2 septembre 2015 où la majorité municipale de Jean-Paul Virapoullé donne le feu vert à l’exploitation de la carrière de Dioré où il est prévu l’extraction de 5 millions de tonnes de roches pour la NRL, en échange de la construction par la Région de deux échangeurs, sur le territoire de Saint-André. Et puis début juin 2016, on apprend dans la presse, des projets d’ouvertures de carrières, à Menciol, dans les hauts de Bras des Chevrettes, 33 hectares appartenant à la famille Virapoullé, où il est prévu l’extraction de 8 millions de tonnes de roches. Saint-André se positionnant comme le principal fournisseur de roches du chantier de la NRL ! Puis s’ajoutent les carrières, certaines alluvionnaires, de Ma Pensée et Paniandy, à Bras-Panon, toujours propriétés des Virapoullé, et qui font polémique.

Business où pas, force est de constater que le maire de Saint-André est aujourd’hui le Monsieur « Carrière » de la Région. Cinquante ans après avoir obtenu son certificat d’aptitude à la profession de gestion en économie rurale, le voilà aujourd’hui « agrégé en carrières » ! Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour s’instruire et se perfectionner. Le maire de Saint-André, avec ses galets, peut construire, à lui seul, la NRL « Sur-Mer », de Didier Robert.

Jean-Paul Virapoullé « vendèr lo ross » ? Notre célèbre Georgio, de kanal la blag dirait « Oté, tonton, la ou la fé in lérèr, la ! ».

Paul Dennemont
Saint-André


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