Di sak na pou di

Journée de la Femme : un peu d’humilité

Témoignages.re / 7 mars 2013

Il y a des pays où les femmes sont des biens meubles, où les épouses sont des enfants, où les fils ont autorité sur la mère.

Il y a des contrées où elles ne peuvent ni travailler, ni sortir, ni s’instruire, ni conduire et ni voter.

Il y a des régions où la femme est un animal de compagnie et d’autres où l’on saigne les petites filles pour que jamais elles n’aient de plaisir

Il y a encore trop d’états où c’est le mari qui décide des ventres et le père des mariages.

Et puis il y a la France

Grand phare de l’humanité, inventeur des droits de l’Homme, pays de la liberté, de l’égalité, du confort matériel et de l’émancipation, qui rétribue moins l’employée parce qu’elle est femme, qui quotidiennement brutalise la compagne et viole la concubine

Du fin fond de sa grotte ou depuis son appartement, qui est le plus coupable, l’ignorant qui ne sait pas ou celui qui ignore ce qu’il sait ?

Qui est le plus lâche, celui qui dans l’ombre ne voit pas sa faute ou celui qui dans la lumière se cache la vérité ?

Qui a le plus d’effort à faire, l’obscur fondamentaliste qui frappe sa femme ou l’occidental éclairé qui tabasse sa maîtresse ?

Plutôt que de mesurer la misère des autres à l’aune de notre propre inconséquence, peut-être devrions-nous faire l’effort de l’introspection et reconnaître que les derniers mètres qui nous séparent de l’égalité sont les plus difficiles à gravir.

Nous sommes tous égaux dans la même culpabilité de l’inaction :

Les hommes, confits dans la suffisance des libertés déjà concédées et les femmes, trop contentes des progrès déjà accomplis.

C’est peut-être parce qu’on est parmi les plus avancés qu’on a encore plus de devoir, et si l’on veut donner un exemple d’humanité au monde, encore faut-il en avoir un petit échantillon sur soi.

Emmanuel Lemagnen


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