Di sak na pou di

Joyeux Pongal !

Témoignages.re / 14 janvier 2011

Mais où est passée la pluie ? Pongal est la fête de la moisson, mais cette année, notre moisson de cannes à sucre risque bien d’être maigre ! Nous scrutons le ciel avec l’espoir que Varouna nous sera propice, mais pour le moment, ce n’est que Sourya qui nous inonde de ses rayons bénéfiques.
L’hindouisme n’est pas qu’une religion, mais aussi un art de vivre basé sur les observations de notre mère Nature. Varouna et Sourya ne sont pas des personnes, mais des éléments naturels dont l’absence ou la présence exacerbée peut porter préjudice à la vie sur terre.
L’hindouisme n’est pas que la foi en un Dieu imperceptible, mais un flot de recherches et d’enseignements qui font la beauté du jardin de la connaissance. Mais nous, en tant qu’êtres humains, nous aimons la reconnaissance. Nous voulons que les autres nous reconnaissent pour ce que nous sommes — et parfois aussi pour ce que nous ne sommes pas ! Alors l’hindouisme nous demande d’être reconnaissants envers deux des éléments importants de la vie sur terre : Sourya, le soleil (source de lumière et de chaleur), et Varouna, source d’eau et de fraicheur.
La fête de Pongal, appelée aussi Makara Sankranti, est le moment du calendrier hindou tamoul où le soleil reprend sa course apparente vers le Nord. Il va progressivement ramener la chaleur dans l’hémisphère Nord et la fraicheur dans notre hémisphère austral.
A l’origine une fête agricole — non pas païenne, dans le sens péjoratif du terme —, Pongal est une reconnaissance du travail accompli. « Qui sème le vent récolte la tempête ! », dit un certain proverbe. A nous, humains sur cette terre, d’être assez intelligents pour ne pas semer le vent. A nous de bâtir un monde plus juste et plus fraternel où la liberté de croyances (ou de non-croyances) et de cultes sera respectée !
Il nous appartient de construire une société où chacun a sa place avec ses droits, mais aussi ses devoirs. C’est cela un des sens du mot "dharma" : droits certes, mais devoirs aussi ! Nous avons le droit de vivre en paix et en harmonie sur cette terre, mais nous avons aussi le devoir d’alléger le fardeau de notre mère universelle, la Terre ! Nous qui prenons plusieurs bains par jour, comment pouvons-nous salir notre mère universelle ? Comment pouvons-nous polluer ce sol sacré sur lequel nous marchons et sur lequel nous souhaitons que nos descendants marcheront aussi ? Comment pouvons-nous rendre impur cet air qui était si pur qu’aujourd’hui même, l’air des hauts de l’Himalaya est devenu aussi pollué que celui des grandes villes européennes ?
La course au pétrole et aux autres matières premières met en danger la vie sur la terre ; la course à l’eau amène les entreprises multinationales à dominer le monde ; bientôt nous devrons aussi payer les consortiums internationaux pour l’air que nous respirons, comme en ce moment nous payons des taxes pour marcher dans des rues plus ou moins nettoyées. Que ce Pongal 2011 soit pour nous non seulement un moment de réjouissance et d’action de grâce, mais qu’il soit aussi pour nous humains, responsables de la planète, un moment supplémentaire de réflexions et de sankalpas (actions décidées) afin que non seulement notre vie, mais aussi celle de nos descendants soit un héritage digne de ce nom.
A toutes et à tous, joyeux Pongal et bonne année 2011 !

Swami Advayananda
Shruti Seva Réunion


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