Di sak na pou di

Jusqu’où Éric Fruteau descendra-t-il ?

Témoignages.re / 9 novembre 2013

Dans la vie des humains, il existe souvent un véritable abime entre les valeurs et les idéaux dont on se réclame et la pratique que l’on peut en faire. Personne n’est à l’abri de cette dérive s’il n’y prend garde, et à travers la parabole de la paille et de la poutre, chacun sait combien il faut faire preuve de modestie et d’humilité avant de s’ériger en donneur de leçons.

Visiblement, Éric Fruteau n’a pas ce genre de scrupules, ni fait preuve de beaucoup de précautions à l’occasion de la dénomination de la Bibliothèque de Champ-Borne en hommage à Adrien Minienpoullé. Il n’a pu, en effet, à l’occasion d’une manifestation dont l’intention était des plus louable et entièrement justifiée, s’empêcher d’une minable tentative de récupération et de règlement de comptes politiciens qui n’avaient absolument rien à faire dans une telle cérémonie.

Nous en voulons pour preuve le contenu de son allocution prononcée à cette occasion. Que l’on nous entende bien ! Il ne s’agit aucunement pour nous de nous abaisser et de suivre Éric Fruteau sur son terrain, celui d’une lamentable opération de récupération personnelle de la mémoire de notre camarade, prétexte à une attaque sournoise et vicieuse contre le Parti communiste réunionnais, mais il est des pratiques proprement inacceptables.

Que l’on en juge ! Éric Fruteau prétend évoquer « en toute sérénité », ose-t-il, l’élection d’Adrien Minienpoullé en 1976 dans le 1er canton de Saint-André, en le transformant outrageusement en victoire personnelle, individuelle, « donnée au Parti communiste réunionnais ». « Ce fut ton exploit » , insiste-t-il encore. Il trouve même le moyen de s’y attribuer quelque rôle. De grâce ! La jeunesse est loin d’être un défaut, mais tout le monde sait qu’à cette date, Éric Fruteau était encore en « culotte grenouille », comme aimait à le dire plaisamment notre bon camarade Ary Payet, et qu’il ne prétende pas impliquer Minien dans cette analyse complètement falsifiée.

Tous ceux, et ils sont encore nombreux, qui ont vécu et participé à cette campagne savent que le Parti s’est engagé à fond. Pendant toute sa durée, tous les dirigeants du PCR, Paul Vergès en tête, étaient à Saint-André pour appuyer Minien. Julien Ramin a lui-même rappelé sa propre activité : il venait tous les soirs de Saint-Pierre. Tous les soirs, on se réunissait chez Ary pour faire le point, répartir les tâches, mettre au point tous les détails de l’organisation, tirer les tracts, etc. Le soir et le lendemain de sa victoire, Minien, qui était bien conscient de tout cela, a demandé que soient portés en triomphe les militants saint-andréens qui s’étaient engagés à fond pour lui. C’est vrai aussi qu’il était réellement l’homme de la situation, le candidat symbolique idéal, fort d’un énorme coefficient personnel de confiance et de respect dans la population du 1er canton de Saint-André. La vérité historique exige aussi de préciser, et cela, personne ne saurait le nier, que Jean-Paul Virapoullé ne s’était quasiment pas engagé dans le soutien à Charles Armand Barau, pour des raisons qui lui étaient propres. Toutefois, cela n’enlève évidemment rien au caractère exceptionnel de la victoire d’Adrien Minienpoullé.

Mais hélas, la falsification d’Éric Fruteau ne s’arrête pas là. « Cet exploit aurait dû te conduire vers d’autres responsabilités politiques à Saint-André, etc. », continue-t-il encore, dans des sous-entendus très lourds de signification, selon lesquels Minien aurait été barré sur Saint-André par… la famille ! Vous devinez laquelle. On retrouve une fois de plus la façon sournoise d’Éric Fruteau de biaiser la réalité par des insinuations et des sous-entendus, porteurs de contrevérités, caractéristiques de ceux qui n’ont pas le courage de dire les choses en face ou franchement, puisqu’ils savent qu’ils mentent, à moins qu’ils soient tout bonnement ignorants de la réalité des faits. Nous nous tenons prêts à lui rappeler en détail, mais nous savons trop bien qu’il n’a jamais aimé, et pour cause, la confrontation directe.

Nous en voulons encore pour preuve le fait qu’il préfère convoquer, pour appuyer, pense-t-il, la sincérité de ses dires, la mémoire de camarades décédés ! Que ne convoque-t-il des vivants qui, eux, savent et sont encore en mesure de dire de quoi il retourne !

Nous arrêterons là, et peut-être certains nous reprocheront cette trop grande indulgence, nos remarques encore bien incomplètes et partielles à propos de l’allocution d’Éric Fruteau. Pour qui nous concerne, nous estimons avant tout que « Minien » méritait un tout autre hommage, lui à qui nous devons plus que jamais le respect scrupuleux de sa mémoire, et de ce qu’il fut toute sa vie, un Réunionnais intègre, courageux, tolérant, qui a occupé toute sa place qu’il avait choisi d’occuper au sein du Parti communiste réunionnais.

Jean-Paul Ciret

La bassesse et… l’aveu

Tout arrive à qui sait attendre ! Il m’aura fallu trois ans et demi pour enfin recevoir une “réponse” d’Éric Fruteau (“Quotidien” du 8 novembre) à une lettre envoyée au lendemain des régionales de 2010 sur ce sujet même. Il est ainsi très intéressant de noter cet aveu explicite : je n’ai pas fait campagne pour la liste de l’Alliance parce ma trop importante personne n’y figurait pas. Enfin la vérité !

Il n’est sorti de son silence méprisant que parce que son égo surdimensionné a été replacé dans de justes proportions grâce à ce bon Monsieur De la Fontaine ! Malheureusement, chez lui, la perte de sang-froid s’accompagne de l’odieux.

Témoin de la façon dont il ose présenter mon absence physique de la vie politique pendant de longues années, cela a un nom : la bassesse. On est vraiment très loin des vertus dont il aime tant se parer. Quant aux délires du reste de sa littérature, ce ne sont que des pets… de mouche !

JP Ciret


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