Di sak na pou di

L’addiction au sucre

Courrier des lecteurs de Témoignages / 24 février 2017

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Les informations exposées dans ce courrier sont extraites d’un ouvrage qui pourrait devenir un bréviaire pour tout généraliste. Ne renforçons pas les corporatismes, pour tout citoyen ou homme politique soucieux de la santé des concitoyens - certains diront des « patriotes » - la santé pouvant devenir la quatrième valeur (à l’affiche des frontons) au fronton des mairies. L’ouvrage est d’un docteur en médecine tropicale et épidémiologiste, Luc Perino. Son approche consiste d’intégrer le fabuleux capital des connaissances évolutionnistes sur H. sapiens, non dans un paradis fiscal mais dans ce livre dont notre équipe, avec enthousiasme, fait état. L’auteur plaide « Pour une médecine évolutionniste », avec comme sous-titre : « Une nouvelle vision de la santé », Seuil 2017.

Il nous a semblé prioritaire d’évoquer le passage de la page 307, « L’addiction au sucre ». La consommation annuelle de sucre aurait évoluée en Europe de 5 Kg par an et par personne en 1830 à 35 kg ; aux Etats-Unis à 70 kg. « La question n’est pas de savoir pourquoi il y a des obèses mais pourquoi il y en a si peu »… Enfin, « le marché stimule les recherches sur les causes génétiques de l’obésité afin d’éviter d’incriminer des excès de consommation ».

L’auteur situe ce constat historiquement - et pas uniquement pour la consommation de sucre, on l’aura compris - en prenant comme référence le Néolithique. Les sucres complexes (cellulose, amidon), le gluten, le sel et les laitages ont pris depuis une importance croissante. La consommation massive de sucres simples (glucose, fructose), est arrivée plus tardivement, avec l’industrie alimentaire.

Une allusion à nos origines lointaines ! : « Nos ancêtres trouvaient les sucres simples dans les fruits et le miel »… L’addiction au sucre serait plus puissante que l’addiction au tabac et à la majorité des drogues, car instaurée et encouragée dès l’enfance. « Lorsque le feu et les armes ont amené nos ancêtres à ne plus craindre la prédation, l’obésité n’a plus été contre sélective ». Pour certains le faible pourcentage actuel d’obèses ne serait qu’une dérive génétique ! Selon ce Docteur cette hypothèse serait invérifiable. Et il termine en envoyant la balle dans le camp de nombreux chercheurs sur les causes de l’obésité : « Certains ont aussi imaginé des facteurs viraux de l’obésité »… « Tout est culturellement tenté pour disculper la sédentarité et le sucre afin d’entretenir l’addiction ».

Plus généralement : Le cerveau étant le chef d’orchestre des organes, des systèmes et des comportements, la symptomatologie de ses dysfonctionnements est plus « cacophonique » que celle de tout autre organe. « Si l’on considère la dimension historique de la vie, au sens évolutionniste des acquis successifs de la phylogénèse, il est logique de le cerveau de sapiens ne puisse pas « comprendre » le cerveau de sapiens aux deux sens du terme « comprendre », Ce n’est pas une raison pour ne pas essayer », p. 276. 26 € bien placés.

L’équipe du CEVOI


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