Di sak na pou di

L’appât du gain, le mépris des humains

Courrier des lecteurs de Témoignages / 1er août 2016

Sous d’autres formes, les ignominies de l’histoire continuent. Sur l’ile déserte de Tromelin, on a abandonné de nombreux esclaves, dégât collatéral d’un trafic fort juteux et mépris de l’humain. Sur l’ile déserte de Bourbon, on a exploité quelques milliers d’esclaves et d’engagés et, fortune faite, on est allé investir ailleurs ces précieux fruits de la souffrance.

Pour bien comprendre, résumons de façon un peu caricaturale, la suite des évènements : La France n’a que faire de ce territoire du bout du Monde et n’a que faire des restes d’une chaotique colonisation. Alors, on laisse faire. On gère à minima. On ne sait jamais, et s’il y avait du pétrole et des poissons dans la mer, ça pourrait rapporter un jour ? Mais en attendant, que faire de ces milliers d’esclaves et d’engagés qui n’ont plus grand-chose à faire sur une ile dont l’économie a été balayée par la mondialisation ? Des petits malins ont vite compris le parti qu’ils pouvaient tirer de cette révolution sociale du 20e siècle. Décemment, on ne peut laisser mourir de faim ces pauvres humains. La mère patrie va donc les nourrir. Et pour cela, rien de tel qu’organiser sur-place la société de consommation. L’ile ne produit rien, qu’à cela ne tienne, c’est le contribuable métropolitain qui paye. Et avec cet argent, on peut encore s’enrichir en distribuant abondamment nourriture et pacotilles diverses dans les grandes surfaces, nouveau paradis artificiel de ces malheureux. Rendez-vous compte : 3 milliards d’euros d’importations chaque année, le pactole pour les importateurs et les distributeurs ! Evidemment avec seulement 300 millions seulement d’exportation chaque année, il n’y a pas de travail pour tout le monde. Mais que voulez-vous faire d’autre sur cette ile déserte ? Evidemment, on se fout du monde. Mais cela, vous l’aviez bien compris.

Paco Leravageur


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