Di sak na pou di

L’arnaque des éthylotests

Témoignages.re / 29 novembre 2012

Les éthylotests peuvent rapporter gros aux entreprises qui les ont conçus. Cette révélation vient de la Ligue des Conducteurs. Voilà l’arnaque : en juillet 2011, une association I-Test s’est créée pour militer en faveur d’éthylotests obligatoires dans toutes les voitures. Quelques mois plus tard, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, crée une nouvelle infraction avec une amende à la clé de 11 euros. Quelle rapidité ! Le pot aux roses, c’est que les membres de cette association sont les mêmes qui fabriquent les fameux éthylotests. Le président de I-Test est chargé de mission chez Contralco, le plus grand fabricant d’éthylotests chimiques utilisés par les gendarmes (les ballons).

L’idée qu’il a eue : assurer un marché à 100% garanti sur 38 millions de voitures ! Le calcul est vite fait : 38 millions multipliés par deux éthylotests à 1 euro pièce égale à 76 millions d’euros garantis dès l’application du décret. Mieux encore : le décret comporte une obligation de norme NF pour les éthylotests, norme que seules deux entreprises détiennent, à savoir Contralco et une société sud-africaine, Red Line Products. Les éthylotests certifiés sont distribués par Pelimex, une entreprise dont le dirigeant est le vice-président de I-Test ! Par ailleurs, dans le comité de certification NF des éthylotests, on retrouve les deux représentants de Contralco et de Pelimex.

Enfin, le prix des éthylotests est très variable. Ici, un éthylotest coûte 2,50 euros à 5 euros, je n’en ai pas vu à 1 euro ! De plus, il faut bien regarder la date de préemption, car là aussi, ça varie de 1 à 2 ans et le prix est fonction de cette date. Mais de qui se moque-t-on ? Le ministre de l’Intérieur de l’époque nous a dit que les éthylotests, c’est bien pour notre sécurité, peut-être, mais là, c’est plutôt pour la sécurité financière assurée de cette entreprise.

Ce fut le même discours pour les radars qui rapportent gros à l’État et aux entreprises qui les fabriquent. Ainsi, quelques entreprises bien placées qui veulent grossir facilement leur chiffre d’affaires sans prendre de risque sollicitent les pouvoirs publics, lesquels jouent la carte de la sécurité routière, le tour est joué, le business est installé et nous devenons leurs clients forcés. Les pouvoirs publics ont appris l’art de nous faire accepter ces nouvelles dispositions et de nous faire encore plus dépenser.

Ainsi, le fameux lobbyiste qui vient d’obtenir le marché du siècle des éthylotests dirigeait une société de fabrication de radars. Cependant, le nouveau ministre de l’Intérieur a été sensible à ce problème suite à une pétition sur internet de plusieurs associations et surtout de la Ligue des Conducteurs qui ont dénoncé cette arnaque. C’est grâce à ces actions qu’il a reconduit le délai de l’achat des éthylotests jusqu’en février 2013 (à confirmer dans les infos de la presse écrite et télé), le temps qu’il prendra pour supprimer ce décret ou de revoir cette copie.

C’est certainement bien d’avoir des éthylotests dans sa voiture, mais quand on est ivre et que l’on ne sait plus ce que l’on fait, quand notre cerveau embué par les vapeurs d’alcool est éteint, aurions-nous la force et la lucidité d’utiliser un éthylotest ? Donc, ils ne servent à rien. De plus, la police et les gendarmes ont aussi des éthylotests. C’est encore une dépense inutile, car ils sont périssables et il faut les remplacer au bout d’un an ou deux.

Gabrielle Marie

Saint-Denis


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