Di sak na pou di

« L’autonomie ne fait plus peur » ?

Témoignages.re / 11 mars 2013

C’est un dossier de deux pages dans le “JIR” de ce mardi 6 mars 2013.

Il est évident que, même si des élus pensent que c’est « le cadet des soucis des Réunionnais », ils se trompent lourdement, et le “JIR” fait bien de souligner que l’amendement à la Constitution déposé en 2002 par le Sénateur Virapoullé « tourmente élus, juristes et citoyens éveillés ».

L’Association pour la Démocratie locale à La Réunion et dans l’océan Indien (ADELROI) a organisé depuis l’année 2002, et chaque année sous des formes diverses, une “Rencontre réunionnaise de la démocratie locale”. Elle rassemble à chaque étape entre 100 et 200 citoyens éveillés.

Par trois fois, cette problématique de l’autonomie a été posée : à la 2ème en 2003 (200 personnes) où nous annoncions « République décentralisée, toujours aussi citoyenne »  ; à la 5ème en 2006, où nous “fêtions” le 60ème anniversaire de la départementalisation sous le titre « Citoyens libres et autonomes dans des associations libres et autonomes »  ; à la 7ème en 2009 à Dos d’Ane, en Séminaire international intitulé « Pas de développement durable sans décolonisation des esprits et des pratiques ».

De 2010 à 2012, ce sont les deux lois mises en chantier sur la réforme territoriale (celle du gouvernement Fillon, abrogée, et celle du gouvernement Ayrault, en cours de discussion) qui ont mobilisé nos « citoyens éveillés » . Nos débats sont explicités dans une « lettre ouverte au Président de la Commission des Lois » restée malheureusement fermée depuis le 1er mars où nous l’avons déposée.

C’est bien dommage que les deux pages très instructives de ce 6 mars ne laissent parler que trois personnalités politiques (Jean-Paul Virapoullé, Wilfrid Bertile et Paul Vergès) et deux universitaires (Ferdinand Mélin-Soucramanien et Yvan Combeau). Ce dernier, très heureusement, déclare que « le pouvoir redistribué et la possible évolution institutionnelle marchent avec la construction de réels contre-pouvoirs citoyens ».

Nous préférons appeler à la reconnaissance réciproque de la légitimité des trois pouvoirs à égalité de jugement politique :

- celui des politiques, ayant la charge d’instaurer une gouvernance démocratique et de garantir, par leurs décisions, les droits humains de tous les citoyens,

- celui des producteurs de biens et de services (acteurs économiques, sociaux, et culturels) dont le but est de subvenir à l’ensemble des besoins des êtres humains, sans distinction,

- celui des citoyens qui sont les premiers en capacité d’identifier les besoins et de les analyser, de développer leur esprit critique en luttant contre l’ignorance, de construire les réponses adaptées à leurs attentes, afin de prendre part à la formation de la loi et à l’élaboration des décisions.

Ces pouvoirs sont exercés à La Réunion, notamment dans le cadre de diagnostics partagés de territoire et à travers les projets développés par les Centres sociaux, et dans le cadre de l’éducation populaire. Il est regrettable que ces expériences soient peu médiatisées.

En tout cas, tous les citoyens qui souhaitent avoir connaissance de la lettre ouverte peuvent la demander par mail à jchpc@zeop.re

Association pour la Démocratie locale à La Réunion et dans l’océan Indien


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