Di sak na pou di

L’école des moralistes

Témoignages.re / 12 septembre 2011

Luc Chatel a plus d’un tour dans son maroquin de ministre de l’Éducation nationale. Après avoir déclaré sans rire et sans s’étouffer que les suppressions de postes et les classes surchargées n’altéraient en rien le bon fonctionnement de l’enseignement en France, il propose la morale à l’école.
Quelle noble initiative... Pour dépoussiérer un peu le sujet, voici quelques pistes à exploiter.

C’est mal d’espionner toutes les communications d’un journaliste qui ne veut pas dévoiler l’identité de ses sources, c’est d’autant plus mal qu’il existe une loi qui protège la confidentialité de telles informations.
C’est malhonnête de permettre aux très riches d’être encore plus riches en leur proposant toutes sortes de mesures qui les dispensent de payer des impôts proportionnels à leurs revenus.
C’est très injuste de taxer les mutuelles santé, de dérembourser des médicaments et des prestations médicales pour récupérer des sommes peu importantes alors qu’il serait tellement plus rentable de prendre l’argent sur les tractations bancaires et autres profits scandaleux.
Ce n’est pas gentil de chasser les Roms de campements misérables en démolissant leurs abris précaires à coups de bulldozers.
C’est très vilain de faire des promesses électorales mirifiques et de s’empresser de les fouler aux pieds : retraite à 60 ans, pouvoir d’achat ; lutte contre les violences faites aux femmes, en finir avec les SDF qui meurent dans la rue...

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive et chacun d’entre nous, possesseur d’un peu de mémoire, pourra la rallonger.
Le cordonnier est mal chaussé, le moraliste UMP aurait besoin de réviser ses propres codes moraux.

Marie-Hélène Berne


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