Di sak na pou di

« L’état de catastrophe sociale doit être reconnu »

Témoignages.re / 6 octobre 2010

Voici une lettre de l’ARCP adressée au Préfet de La Réunion, Michel Lalande.

« Monsieur le Préfet,
L’assemblée du 29 août 2010 à Saint-André a adopté une résolution faisant appel à des Etats généraux populaires avec comme mot d’ordre : l’urgence sociale et l’urgence économique.

A partir de cette date et jusqu’à aujourd’hui, des rencontres ont eu lieu dans les cités et les quartiers de La Réunion.
Le manque de pouvoir d’achat, l’éducation, la santé, l’emploi et le logement sont les grands maux évoqués.

Il se dégage de ces consultations une inquiétude grandissante et un manque total de visibilité positive sur l’avenir. A cela, deux éléments majeurs sont rappelés : la politique du gouvernement et le manque de solutions réunionnaises.

Ce sentiment généralisé dans l’opinion publique et les chiffres catastrophiques du Pôle Emploi nous obligent à une réaction exceptionnelle.
Le chômage est une arme de destruction massive de la société réunionnaise.

Nous voulons, pour éviter tout malentendu et polémique, utiliser uniquement les sources du Pôle Emploi et les personnes inscrites en catégorie A, c’est-à-dire la catégorie de personnes en recherche active d’emploi.

De février 2008 à août 2010, nous sommes passés de 74.990 à 110.140 inscrits, soit une grave augmentation de 47%.

Des chiffres source Pôle Emploi, donc difficilement contestables, et qui s’accompagnent, nous le savons tous, d’une augmentation continue de la pauvreté. L’explosion des budgets CCAS de nos communes ainsi que la distribution massive des colis alimentaires ne peuvent que confirmer ce sentiment d’inquiétude.
La crise est loin d’être terminée, le pire est sûrement à venir et le plan financier du gouvernement pour la période 2011/2013 n’est pas là pour nous faire penser le contraire.
La spécificité réunionnaise doit être défendue, et à situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles doivent être appliquées, cela relève d’une extrême urgence. La Réunion est une zone en grande difficulté sociale et « l’état de catastrophe sociale » doit être reconnu.

Au lendemain d’un cyclone dévastateur et pour faire face à l’état d’urgence, le Préfet demande à ce que le territoire soit reconnu zone sinistrée et l’état de catastrophe naturelle est décrété.

Nous vous sollicitons, Monsieur le Préfet, pour défendre auprès du gouvernement la situation spécifique de notre département.

Nous vous demandons la tenue d’une réunion exceptionnelle avec les acteurs locaux, les parlementaires, les collectivités, les syndicats, les organisations de lutte contre le chômage et la pauvreté ainsi que les services de l’Etat pour une grande réflexion collective de recherche de solutions d’urgence sociale.
Nous transmettons cette demande aux parlementaires et aux collectivités, car il faut impérativement nous entendre sur l’essentiel.

Ne dit-on pas : « La pauvreté est l’œuvre de l’homme, seuls les hommes peuvent la détruire ».

Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté »


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