Di sak na pou di

L’illusion du pouvoir

Témoignages.re / 19 novembre 2010

Notre île traverse une grave impasse, tous les clignotants sont au rouge. Le chômage, cancer aux métastases répandues, touche plus de cent mille de nos compatriotes. Toutes sortes de palliatifs ont été ou sont utilisés ; depuis les Quinzaines de chômage, Travaux d’utilité collective (T.U.C) en passant par les C.E.S, C.E.C, distribués par nos édiles avec le sourire, en se disant que l’aumône fera du bien. Ceux qui les donnent, très souvent, ne connaissent ni la précarité, ni la pauvreté, et ceux qui les reçoivent jouent la grande comédie du contentement et de l’humiliation. Un travail doit être continu, régulier, permettant de bâtir une famille, d’avoir un logement, d’éviter une discrimination dans notre société. Je respecte toutefois ceux qui disent refuser de travailler pour un choix de vie délibéré.

Le logement, véritable course contre la montre. Les collectivités refusant d’avoir du foncier, donc de jouer le rôle de régulateur dans les spéculations foncières, ont laissé faire. Rareté et cherté des terrains, importation de matières premières pour la construction (ciment, bois…) amènent encore plus les pauvres et précaires à vivre en cohabitation remettant souvent en cause la cohésion familiale, avec les conséquences désastreuses sur l’éducation des enfants.

L’illettrisme qui touche cent vingt mille Réunionnais remet complètement en cause notre propre développement. Comment participer aux débats économiques, sociaux, échanger sur les gros problèmes mondiaux (climat, échanges commerciaux) quand on n’a pas accès à la lecture, à l’écriture ? Comment comprendre les méandres de notre société de consommation à outrance quand celle-là mène à créer les conditions d’un tropisme positif vers ces achats et encore les achats, souvent comme seuls repères de réussite ?

La délinquance, petite ou grande, faut-il d’ailleurs les qualifier, augmente de plus en plus dans notre île. Les journaux en sont d’ailleurs très friands, stigmatisant encore plus une catégorie de notre société.

La liste serait longue si on devait évoquer tous les problèmes de notre société réunionnaise.
Alors, beaucoup d’entre nous rêvent d’accéder à des pouvoirs, maires, adjoints, membres des comités d’agglomération, conseillers généraux, conseillers régionaux, députés, sénateurs ou autres. Aujourd’hui, les caisses sont vides, les perspectives étroites, peu de projets.

C’est l’illusion du pouvoir.

Correspondant


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