Di sak na pou di

L’UCCPEMR refuse la pêche aux requins

Témoignages.re / 8 août 2012

En notre qualité de groupe citoyen, et au vu de la situation, nous sommes atterrés par les décisions politiques scandaleuses suite aux derniers accidents impliquant requins et surfeurs. La Préfecture de La Réunion a annoncé la pêche de dix requins-bouledogues et requins-tigres afin d’évaluer le risque d’intoxication à la ciguatera dans l’éventualité d’une re-commercialisation de la viande (www.uccpemr.tumblr.com/commercialisatio).
Or, la pêche de quelques individus ne permettra en aucun cas une telle étude : il est clair que ces prélèvements n’ont d’autres buts que d’apaiser quelques esprits en colère et avides d’actions radicales. La Préfecture de l’Ile de La Réunion agit et prend ses décisions sans aucune consultation citoyenne, sans aucun égard pour le travail de restauration des écosystèmes marins de La Réunion, futur patrimoine de nos enfants, et sans tenir compte du bon déroulement du programme CHARC qui coûte plus de 700.000 euros au contribuable.
Malgré les avis scientifiques et professionnels, et derrière de faux semblants de recherche scientifique, la Préfecture s’apprête à lancer une chasse aux sorcières irrationnelle, inutile, et dangereuse. Dangereuse, car qui prétend apporter des réponses « scientifiques » aux récents accidents en tuant ces requins est un menteur insouciant. En effet, le faux sentiment de sécurité et les décisionnaires responsables pourront être mis en cause en cas d’incident, ce qui ne saurait tarder puisque les réels problèmes sont complètement éludés. Nous doutons par ailleurs qu’un élu prenne la responsabilité de commercialiser une viande potentiellement dangereuse pour les consommateurs.
Rappelons que les derniers accidents auraient pu être évités si les règles les plus élémentaires de mise à l’eau avaient été respectées. Rappelons également que les requins, en tant que super-prédateurs, jouent un rôle essentiel de préservation de l’équilibre écosystémique marin. En tuer dix selon la seule loi du hasard est une aberration loin de faire l’unanimité. Est-il utile de rappeler que les deux espèces visées sont classées « quasiment menacées » sur la liste rouge de l’IUCN ? (…) La preuve qu’il existe un marché pour la viande de requin doit venir justifier cette soi-disant évaluation ciguatérique. La question des prélèvements doit faire l’objet d’un sondage d’opinion publique, et une réglementation claire et efficace doit enfin être mise en place en prévention du risque.

L’union Citoyenne pour la Conservation et la Protection des Écosystèmes Marins Réunionnais

L’Union Citoyenne pour la Conservation et la Protection des Écosystèmes Marins Réunionnais s’adresse à toute personne ou groupe de personnes (associations professionnelles, groupements d’intérêt public...) qui souhaitent soutenir ou promouvoir la charte suivante :
Charte pour la protection et la conservation des écosystèmes marins de La Réunion.

1. La Réserve nationale marine de La Réunion doit être conservée dans l’état actuel de la réglementation (décret ministériel 2007-236 du 21 février 2007).

2. La recherche biologique et éthologique sur les requins entamée à travers le programme C.H.A.R.C doit se poursuivre sans entraves.

3. Les méthodes létales chroniques ou ponctuelles de prélèvement à la côte ou au large visant à « sécuriser » les activités nautiques doivent être interdites, du fait de leur inefficacité et de leurs impacts délétères sur les écosystèmes.

4. Au sein de la Réserve marine, les activités nautiques doivent être réglementées, et devront être autorisées en référence à une météo liée à l’évaluation du risque.


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