Di sak na pou di

L’UNEF exige que le Président de la République clarifie la situation concernant la réforme des aides sociales !

Témoignages.re / 1er mars 2013

Interrogé ce mardi 26 février sur les intentions du gouvernement en matière de réforme des aides sociales, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a déclaré que celui-ci « n’avait jamais eu l’intention de supprimer » la demi-part fiscale, après avoir lui-même évoqué cette possibilité la veille dans une interview. L’UNEF s’était pourtant félicitée mercredi dernier de l’ouverture par Geneviève Fioraso de négociations pour une réforme des aides aux étudiants, par une refonte des aides fiscales et du système de bourses actuel.

Pour expliquer sa volte-face, le ministre du Budget a déclaré vouloir « préserver les capacités contributives des familles » pour les études de leurs enfants. Cette déclaration relève d’une double hypocrisie. D’abord, le ministre s’est mis directement en porte à faux avec l’engagement présidentiel le plus emblématique pour la jeunesse, celui de permettre à tous les jeunes « de gagner leur autonomie ». L’UNEF n’accepte pas qu’un ministre du gouvernement « de la jeunesse », s’oppose à l’autonomie des jeunes et les renvoie à la solidarité familiale créatrice d’inégalités pour financer leurs études. Pire encore, le ministre ne fera pas croire qu’il se fait le défenseur du pouvoir d’achat des familles dès lors qu’il a déjà procédé en octobre dernier à un plafonnement de la demi-part fiscale rapportant près de 200 millions d’économies à l’État. Il a ainsi non seulement privé les familles de leurs aides, mais sans améliorer l’accompagnement social de leurs enfants !

Le système d’aides sociales actuel est totalement insuffisant pour aider les étudiants. Privant 50% d’entre eux d’une aide directe dans le département et laissant 8.400 étudiants en situation d’indépendance livrés à eux même pour financer leurs études, il pousse les jeunes à prendre un emploi salarié au détriment de leur réussite alors que les taux d’échecs atteignent les 75% à l’Université de La Réunion. Nous pensons qu’au lieu d’opposer les étudiants à leur famille, le ministre serait mieux inspiré de proposer des pistes de financement pour une montée en charge de l’allocation d’autonomie.

François Hollande a déclaré le 6 mai 2012 « je demande à être jugé sur deux choses, la justice et la jeunesse », nous exigeons que le Président de la République clarifie la situation et qu’il prenne position sur le sujet. Nous demandons un investissement immédiat des 200 millions d’euros économisés par le plafonnement de la demi-part au mois d’octobre, dans le système des bourses ainsi qu’un redéploiement des aides aux familles vers les aides directes aux étudiants. L’UNEF demande également la mise en place d’un plan d’investissement pluri annuel sur l’ensemble du quinquennat à hauteur de 3 milliards d’euros pour une montée en charge de l’allocation d’autonomie et mettre fin au scandale des étudiants indépendants privés de tout soutien. Nous saurons prendre toute notre place dans les négociations pour une réforme conforme à nos besoins et en cas de renoncement nous n’hésiterons pas à réagir !

Pour l’UNEF Réunion,

Stéphane Maillot - Président


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