Di sak na pou di

"La belle et les bêtes…"

Témoignages.re / 4 février 2014

"En face de nous, nous avons des chiens maigres d’un parti que nous avons aimé ». Telles sont les paroles d’Huguette Bello au meeting de lancement de campagne d’Olivier Hoarau, vendredi 31 janvier au Port.

L’image injurieuse du chien appliquée à des êtres humains ne fait pas honneur à la personne qui l’utilise. Cela sent le sentiment de supériorité, cela empeste le mépris. Quand la même personne, dans le même discours, proclame « l’éthique sera placée au cœur de l’action » tout en se laissant aller à de tels propos, on se dit que les (fausses) belles paroles ont du mal à cacher les véritables pensées. Olivier Hoarau aussi, en fidèle disciple, parle de « l’humain ». Mais où est l’humain quand on traite ainsi ses adversaires ? Une campagne électorale est-elle un combat de chiens ? Et si les chiens d’en face sont maigres, compte-t-on les écraser par tous les moyens ?

Enfin, dans cette phrase qui est à conserver dans une anthologie électorale, il est question d’amour. Rien que ça ! De l’amour conjugué au temps passé, comme un aveu qui se voudrait attendrissant, mais qui ne fait que rendre plus choquante l’insulte des « chiens maigres ». En fait, cela illustre la violence des ruptures, quand « l’amour » a viré à la haine mal contenue. Humain, trop humain, oui !

A vrai dire cette forme particulièrement choquante de mépris s’était déjà manifestée en mai 2012, lors de la campagne des Législatives. Souvenez-vous ! Dans un discours, Jean-Marc Gamarus, 1er adjoint d’Huguette Bello, s’adressant à Jean-Yves Langenier, lançait de manière théâtrale « Va dire à ton maître… », le traitant implicitement d’esclave et offensant les ancêtres.
D’une élection à l’autre, les termes changent, l’agression est la même : insupportable !

 Sandrine R.


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