Di sak na pou di

La bête immonde de l’esclavage ne doit-elle pas mourir ?

Témoignages.re / 8 avril 2011

La semaine dernière, "Témoignages" a publié dans cette chronique de "l’Année d’Élie" la réponse d’une lectrice, Élisabeth Payet, à des propos méprisants voire insultants publiés dans la presse par Énis Rockel contre Élie et ses ami(e)s esclaves révolté(e)s en 1811 dans la région de Saint-Leu. Le 24 mars, la presse a publié un nouveau courrier d’Énis Rockel, qui relativise la gravité de ce « crime contre l’Humanité » qu’est l’esclavage (selon la loi Taubira votée le 10 mai 2001), en soulignant que « tous les esclaves n’ont pas eu des piments aux fesses ». Voici la nouvelle réponse d’Élisabeth Payet à ces propos « écœurants » :
« À l’évidence, vous persistez dans l’ignominie qui vise à dire qu’il y avait du bon sens dans l’esclavage puisque "tous les Noirs n’ont pas des piments aux fesses". On sent bien votre délectation à raconter ce châtiment injuste et indigne à l’encontre d’êtres humains enlevés de force et destinés à la traite négrière. À vous lire, on croirait suivre un épisode de "La Croisière s’amuse". Comment dites-vous encore lorsqu’on met de la poudre de canon, du jus de citron et de la saumure de piment sur les plaies des suppliciés ? "Aïe, aïe, aïe… !".
Vos propos sont tout simplement écœurants, tant vous vous obstinez à nous démontrer qu’un crime contre l’humanité a des nuances, selon la lecture qu’on peut en avoir. C’est étrange ; vous me rappelez quelqu’un qui, il y a quelques années, qualifiait les fours crématoires de "détail de l’Histoire". Lui aussi aurait apporté de la nuance, "selon sa sensibilité", au génocide juif. La bête immonde ne mourra donc jamais avec des individus comme vous ! ».




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