Di sak na pou di

La France, pays des droits de l’Homme et du citoyen ?

Témoignages.re / 31 août 2010

Les décisions politiques prises par l’Elysée pour les Roms sont discriminatoires et dangereuses pour le maintien de la cohésion sociale et de l’intégration.
Elles ne règlent aucunement la situation sociale politique et identitaire de ces personnes.
Dans un avenir proche, le gouvernement devra se prononcer sur les retraites — un plan de réforme qui est désastreux pour notre île. En sus, la mise en application du plan de rigueur très contesté par la majorité des salariés va dégrader la situation des plus démunis.
Le matraquage médiatique provoqué sur les Gens du voyage et les Roms est une stratégie communicative pour éloigner l’opinion publique des vrais problèmes qui menacent notre société. Toutes ces tentatives de manipulations politiciennes amplifient la baisse de popularité du chef de l’Etat français.
Dans un pays républicain qui place le respect de la différence comme une donnée fondamentale de l’égalité entre les êtres humains, les discours politiques de nature discriminatoire remettent en question ces valeurs de tolérance.
Dans un pays démocratique comme la France qui appuie tout apprentissage scolaire sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948), la diversité enrichissante comme c’est le cas à La Réunion s’exprime particulièrement à travers la culture.
Les discours sur les Roms alimentent la prolifération des propos racistes dans les médias et l’internet, en accentuant partout en France les manifestations à caractère raciste et xénophobe.
La signature en 1971 de la convention de l’ONU concernant l’élimination de toutes formes de discriminations raciales à laquelle la France est soumise ne semble être écoutée et est non appliquée par la politique de Nicolas Sarkozy.
L’intervention du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU a par ailleurs fortement critiqué et sèchement épinglé la France sur le traitement des Roms.
Tous ces évènements doivent nous faire prendre conscience une fois de plus que ce sont les plus démunis qui sont la principale cible visée par le pouvoir politique actuel en France.
Les exemples nombreux confirment cette politique réactionnaire, qui organise au quotidien la casse sociale, qui remet en cause les principes d’égalité, d’équité :

- Les mesures prises par le gouvernement pour la rentrée scolaire montrent que les moyens ne sont plus au rendez-vous pour les familles et leurs enfants. L’ARS, comme toutes les prestations familiales, est un droit garanti par le code de la Sécurité sociale, et ce n’est pas une aumône donnée aux familles.

- L’augmentation importante et inquiétante du chômage dans l’île montre que notre pays est touché de plein fouet avec les nombreux licenciements économiques dans tous les secteurs.

- La réduction du nombre d’employés communaux demandée par Nicolas Sarkozy annonce la baisse de la dotation financière des collectivités.
Nous sommes tous concernés par l’aggravation de la situation, nous sommes tous touchés par la crise, et il est urgent, pour préserver cette tolérance, de refonder notre cohésion sociale.
« Personne n’est à l’abri ». « Il n’y a pas d’autres moyens que de s’unir quelles que soient les classes sociales ».
Aujourd’hui plus que jamais, en s’appuyant sur le combat de nos anciens, unis dans leur diversité, leur différence, afin de combattre à l’époque un système politique injuste et inhumain.
Ensemble, nous devons nous unir pour réfléchir à un nouveau modèle de développement pour préserver notre cohésion sociale.

Aline Murin-Hoarau, conseillère régionale


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