Di sak na pou di

La liberté d’informer en danger

Témoignages.re / 18 septembre 2012

23 juillet 2012 : Un surfeur se saisit du téléphone portable d’une journaliste de radio Freedom et le jette par terre. Plusieurs personnes approuvent son attitude.
14 aout 2012 : Un des pêcheurs mandatés par la préfecture pour prélever des squales donne un “coup de boule” à un journaliste de la radio Réunion première qui commentait l’absence de capture de requin.
15 septembre 2012 : Le rédacteur en chef du “JIR” accompagné de collègues journalistes se fait sortir de la conférence de presse donnée par Thierry Robert. Il faut y rajouter pour ce samedi l’agression d’un journaliste du “Quotidien” qui est aux urgences hospitalières… et vendredi, l’agression verbale d’un autre journaliste du “Quotidien” par un élu de la CCIR.
A quand la prochaine agression ?
Alors, ça suffit ! La liberté de la presse relève de la liberté d’expression décrite dans l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU à Paris le 10 décembre 1948. Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
Dans notre pays, dans notre île française, les journalistes, quels que soient leurs opinions et leurs commentaires, fussent-ils critiques envers telle ou telle situation ou telle ou telle personne, DOIVENT impérativement être respectés. Le cas échéant, les textes en vigueur prévoient le “droit de réponse”. Un droit de réponse qui suit des règles précises et qui ne prévoit en aucun cas des atteintes physiques sur les journalistes ou sur leurs matériels.
La justice a récemment condamné à une forte amende un citoyen qui avait osé répéter textuellement une phrase prononcée par le Président Sarkozy lui-même. Les journalistes doivent bénéficier au moins du même niveau de protection dans l’exercice de leurs fonctions.
Sans quoi, nous allons tout droit vers la dictature et la jungle sans foi ni loi.
Qu’on ne s’y trompe pas, toute atteinte à la liberté d’expression est un engrenage dans lequel il est facile de mettre le doigt, mais avec un effet de cliquet qui ne permet jamais de retour en arrière.
Il est urgent que tous les citoyens respectent et protègent celles et ceux qui se dévouent sur le terrain pour les informer du mieux qu’ils le peuvent. Bien au-delà d’une question de maintien de l’ordre, il s’agit d’une question de maintien de la liberté d’informer. Nous sommes tous concernés. Tous, sans exception ! La liberté d’informer est sacrée. Définitivement !

Charles Durand
Le Brûlé – Saint-Denis


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