Di sak na pou di

La liberté est-elle menacée par l’égalité ?

Témoignages.re / 28 juin 2011

C’est ce que voudrait faire croire toute personne qui détient un pouvoir et qui n’entend pas le partager. Sa conception de la liberté, qui est celle des tout-puissants qui gouvernent le monde, prend ici sa forme la plus achevée dans la liberté des affaires, ou le « libre-échange », c’est-à-dire la libre circulation des biens, des services et des capitaux. Le « monde libre », expression utilisée par Winston Churchill dans son discours de Fulton en 1946, a désigné par la suite les pays riches, alliés aux États-Unis et situés en dehors du « bloc soviétique ». De la même façon, le terme libéral a perdu son sens initial, qu’il avait encore au temps de Molière, pour qualifier à la fois l’économie de marché et tous ses partisans.

Pour les hommes de pouvoir, aidés en cela par le cercle des privilégiés à leur service et qui forme le gros de l’élite, les deux mots liberté et égalité, inscrits dans la devise de la République, sont incompatibles. Cette confusion, entretenue en permanence, pleinement intégrée dans la « pensée unique », a été dénoncée par les révolutionnaires. Mais, poussés par les multiples tentations du pouvoir, ils ont préféré sacrifier l’égalité à leurs ambitions. Si bien que tant de gouvernements portés et soutenus par le peuple ont dégénéré en dictatures. Et même ceux qui prétendaient s’inspirer de Marx ont totalement oublié que pour lui, les deux mots sont inséparables et que l’égalité est la condition de la liberté. Son unique préoccupation étant l’avènement du vrai « règne de la liberté ».

Pendant que la mondialisation financière avance à grands pas, la seule parade pour sauver l’humanité de la barbarie toute proche est la République, à réaliser de toute urgence. La République, fondée justement sur la Liberté, l’Égalité et la Fraternité qui, loin de s’opposer, se conjuguent et se complètent pour le bonheur de tous.

Georges Benne


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