Di sak na pou di

La liste LUREL, bouclier qualité prix ou nom pompeux pour un panier spécial pauvres ?

Témoignages.re / 1er mars 2013

La liste d’une centaine de produits dont un certain nombre est spécialement confectionné, conditionné pour l’occasion (un peu comme les stocks spécial solde), obtenue après d’âpres négociations, est presque bouclée.

Le problème de la vie chère à La Réunion ne se résume pas à quelques produits sélectionnés par des producteurs et des distributeurs afin de minimiser l’impact de ce nouveau panier sur leurs marges (plutôt confortables), et tout cela sous le contrôle de représentants de l’État.

À La Réunion l’alimentaire représente 13% du total des dépenses, le logement 12%, le transport 14% et les dépenses hors consommation (dont impôts et emprunt) 24%. (source Insee ; TER).

Combien représentent ces 108 produits dans les 13% de la consommation alimentaire ? 10, 20, 30% ?
Au final, cette liste nouvelle ne concerne qu’une part infime de la consommation totale des ménages.

Les 10% (peut être !) de baisse (environ 35 euros) sont les bienvenus, car pour les familles les plus démunies chaque euro compte ; mais franchement avec des ½ poulet, ½ patte cochon, ½ barquette, etc., qui seront les gagnants au final ? Peut-être pas les consommateurs de la liste. Autant d’énergie dépensée pour ça !

Pendant ce temps tout augmente : impôts, transport, logement, et les autres produits alimentaires.

Pour Solidaires Réunion le sujet de la vie chère c’est avant tout :

- pour les marchandises importées (94%) : le coût du transport, l’octroi de mer et mécaniquement les marges plus ou moins abusives.

- Pour les services : des marges abusives, car il n’y a pas de frais de transport ni d’octroi de mer et les taux de TVA sont plus faibles que dans l’hexagone.

Avec 70% des importations qui proviennent d’Europe (dont 56% de France métropolitaine) le vrai traitement de la vie chère passe par la résorption de la problématique de l’éloignement et en particulier de la continuité territoriale pour les biens et les personnes. (source INSEE)

Le développement de la production locale est à coup sûr une réelle alternative au chômage, mais est-ce bien dans l’intérêt de tout le monde et nos décideurs (locaux notamment) ont-ils réellement la volonté de le faire en remettant en cause les rentes de situation trop bien établies ?

PS : l’immobilisme constaté après le grand débat sur le carburant n’a pas incité Solidaires à participer aux travaux concernant le bouclier qualité prix, d’autant plus que des listes COSPAR, Solidaires, etc. existent déjà.

Le délégué régional de Solidaires,

Jocelyn Cavillot


Kanalreunion.com