Di sak na pou di

La Mahâ Shivarâtrî, une fête hindoue bien discrète à La Réunion

Témoignages.re / 1er mars 2011

Alors que dans les pays où l’immigration provenant de l’Inde du Nord — telle l’Ile Maurice —, la Mahâ Shivarâtrî est célébrée avec faste, à La Réunion, elle reste très discrète.

Comme beaucoup de célébrations hindoues, la Mahâ Shivarâtrî est en apparence mythique alors qu’elle est riche d’enseignements.

Les mythes viennent principalement des Pourânas — ces textes hindous remplis d’histoires de divinités, de sages, de démons, etc.

Il y a entre autres l’histoire d’un chasseur qui a reçu la grâce de Shiva en l’adorant involontairement avec des feuilles de bilva (aegle marmelos) cette nuit-là.
L’histoire dit qu’un chasseur qui était poursuivi par un tigre est monté en haut de l’arbre le plus proche. Le tigre s’est placé sous l’arbre pour attraper le chasseur aussitôt qu’il redescendra. De peur qu’il ne s’endorme et ne tombe, le chasseur a passé son temps à casser des feuilles de l’arbre une à une et à les lancer en bas. Il s’est avéré que l’arbre sur lequel le chasseur avait trouvé refuge était un bilva et que les feuilles de bilva qu’il avait laissées tomber une à une avaient atterri sur le sommet d’un Shivalingam (symbole de Shiva) installé sous l’arbre. Même pour cet acte d’adoration involontaire, le chasseur fut béni par le Suprême.

De prime abord, l’histoire semble très simple — elle l’est d’ailleurs ! Mais elle est remplie d’enseignements cachés. Il ne s’agit pas d’un chasseur de gibier, mais d’un chasseur de trésor spirituel ! La nuit symbolise l’ignorance et le tigre est le samsâra qui attend pour nous engloutir. Le fait de rester éveillé veut dire que nous devons être alertes et vigilants. Les feuilles du bilva ont la particularité d’être composées de trois parties comme le trèfle. Chacune de ses parties représente un œil. Avec nos deux yeux physiques, nous voyons le monde des formes et des couleurs, et avec l’intelligence, nous comprenons ce qu’il y a derrière le monde des phénomènes.

Comme toutes les célébrations hindoues, la Mahâ Shivarâtrî est un moment où les fidèles retrouvent collectivement leur lien avec le Suprême qui est aussi appelé Shiva en sanskrit. Le mot "Shiva" veut dire "bon, bienveillant, magnanime, etc.". Pendant cette grande nuit de Shiva, l’hindou doit réaliser la bonté divine et devenir un véhicule de cette bonté dans sa vie de tous les jours.

Tous les mois, il y a une shivarâtrî dans le calendrier, mais il y en a une qui est plus bénéfique que les autres, c’est celle du mois tamoul de Mâsi.

Puissent tous ceux qui recherchent le Suprême le réaliser en cette nuit de la Mahâ Shivarâtrî.

Swami Advayananda


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