Di sak na pou di

La montagne a accouché d’une souris

Témoignages.re / 3 juin 2010

La continuité territoriale est devenue d’un coup de baguette magique une « aide aux voyages »… si ce vocable colle déjà plus à la réalité il n’en demeure pas moins vrai, que chacun à son niveau cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Qu’est-ce que 40.000 billets d’avion par rapport à l’océan des besoins ? … une goutte d’eau… Alors pourquoi se gargarise-t-on comme si on avait décroché la lune ?… il faut se rendre à l’évidence, nos élus, comme l’a démontré en direct Madame la ministre, ne connaissent pas le prix d’un billet d’avion… quand ils voyagent c’est aux frais des contribuables et souvent ils font en sorte de faire coïncider plaisir et travail. Ils ne peuvent donc parler de quelque chose qui ne le touche pas vraiment. Que des personnes puisent selon des critères de ressources bénéficier de cette mesure, tant mieux. Mais ce qui me gêne, c’est le problème reste entier pour les autres, ceux qui n’y auront pas droit.

N’y serait-ce pas plus juste d’agir sur le coût du billet d’avion, en faisant en sorte, une bonne fois pour toutes que son prix demeure compétitif quelque soit la période de l’année. Ainsi le rapprochement familial cher à notre ministre pourrait être effectif dans un sens comme dans l’autre. Ce serait aussi une manière intelligente de mettre "l’Humain" au centre des préoccupations comme le suggère notre président de région. Pour cela, il est important que la Région, le Département et la commune fassent leur travail dans leurs domaines de compétences respectifs. Il sera grand temps en 2014, lors de la création de l’Assemblée Territoriale de mettre en place un front commun. La Région doit aujourd’hui avec l’État agir auprès des compagnies aériennes pour fixer un prix unique pour les trajets entre La Réunion et la métropole. Ce prix unique défini une fois pour toutes les familles en difficulté pourrait faire appel à l’aide sociale auprès des Mairies et du Conseil général. Le rôle de la Région c’est de mettre en œuvre la Continuité territoriale, les aides sociales sont du ressort des mairies et du Conseil général.

L’éloignement de la métropole est un « handicap structurel » pour reprendre les termes de Mme Penchard et la priorité c’est de le « gommer » en utilisant tous les moyens en notre possession. C’est cela la continuité territoriale.
Quand Mme la Ministre, lors de son entretien avec Jean Marc Colienne nous dit, je cite « il faut permettre à ceux qui sont en métropole de revenir à Noël ou pendant les vacances pour maintenir les liens familiaux », j’applaudis… mais la réalité est toute autre. Faire venir un enfant de 6 ans au mois de juillet prochain pour les vacances revient aux alentours de mille euros, si on s’y prend l’avance.
Faire l’amalgame entre l’aide aux voyages et la continuité territoriale, c’est noyer le poisson en tentant d’occulter une vérité qui n’échappe à personne : les caisses de la France sont vides.
D’où la nécessité d’ailleurs d’utiliser à bon escient les fonds générés par les accords de Matignon pour maintenir le pouvoir d’achat, non par du saupoudrage électoraliste mais par des réalisations d’envergure prêtes à être démarrées.

Gabrielle Fontaine


Kanalreunion.com