Di sak na pou di

La mouche du coche de Saint-André

Témoignages.re / 5 novembre 2013

Dans la nouvelle génération de politiques à La Réunion, il en est pour qui l’agitation en tous sens semble tenir lieu d’action ; certains (ou certaines), avec le zèle de nouveaux convertis, laissent à croire que l’histoire réunionnaise commence avec leur entrée en politique, tout comme de nouveaux arrivants, paraissent estimer qu’en posant le pied sur la terre réunionnaise, ils vont faire enfin entrer La Réunion dans l’Histoire !

Au PCR, nous estimons beaucoup plus modestement que le peuple réunionnais n’a attendu personne et n’a eu besoin d’aucun envoyé providentiel pour trouver le chemin des luttes et qu’au milieu de mille difficultés, il a su dégager les voies justes pour avancer, de même que devant les obstacles à venir, il saura se frayer le chemin le plus approprié pour progresser encore dans la liberté, l’égalité et aussi la conquête de la responsabilité. Nous y avons aussi appris qu’en matière de luttes politiques, rien ne se décrète et que les réalités concrètes ne se plient pas aux impatiences de certains, trop pressés d’imprimer la marque de leur petite personne dans la société du spectacle à laquelle ils voudraient bien les réduire.

Ce sont les réflexions qui viennent tout naturellement à l’esprit lorsque l’on découvre la production écrite d’Éric Fruteau et de ses amis, récemment déposée dans les boites aux lettres saint-andréennes. Ainsi cette « Lettre aux parlementaires réunionnais » dans laquelle il semble découvrir la gravité de la situation économique et sociale, en plus des conséquences de l’austérité imposée aux collectivités par la réduction des dotations financières de l’État.

Et notre sacristain de sonner le tocsin de l’alerte rouge à l’approche du cyclone qui se prépare, en suppliant les parlementaires d’intervenir auprès du gouvernement pour activer un plan de sauvegarde en faveur de La Réunion. Si le contexte n’était pas si inquiétant, voir le sonneur de cloches saint-andréen s’agiter de façon aussi pitoyable prêterait à sourire à de nombreux titres.

D’abord parce que le PCR et ses élus, Paul Vergès en tête, n’ont pas attendu aujourd’hui pour analyser le caractère critique de la situation, proposer des solutions et agir dans ce sens. C’en est même grotesque de voir aussi le traitre saint-andréen se lamenter alors qu’il a tout fait pour affaiblir le PCR, démobiliser ses militants en anesthésiants la Section de Saint-André, saboter la campagne saint-andréenne de l’Alliance aux régionales de 2010 et couler sa liste aux sénatoriales de 2011. Certains ont décidément la mémoire courte. Pourquoi, au contraire, ne bouscule-t-il pas sa grande copine saint-pauloise, remarquablement absente du vote sur la loi de finances (le budget de l’État) pour 2014, dans laquelle figure justement la diminution des subventions de l’État aux collectivités territoriales ?

Dans le même registre du donneur de leçons en retard de quelques guerres, ne voilà-t-il pas qu’Éric Fruteau brandit triomphalement une facture compromettante pour l’ancienne municipalité, proclamant qu’il va laver plus blanc que blanc et se retrouve le seul à faire preuve de cette audace. Sans enlever quoique que ce soit au caractère scandaleux de cette facture, il faut cependant noter que, remontant à 1992 (!), le délit présumé de détournement de fonds publics se trouve de ce fait largement prescrit et son auteur supposé peut dormir sur ses deux oreilles.

Quant à “l’audace” du chevalier blanc saint-andréen, elle a été largement devancée par l’opiniâtreté des militants du PCR qui n’ont pas attendu 2013 pour dénoncer les turpitudes de la précédente gestion municipale. Faut-il rappeler à notre “Monsieur Propre” toute la liste des affaires soulevées par les communistes saint-andréens, avec Laurent Vergès en particulier, mais singulièrement étouffées par une hiérarchie judiciaire dont tous les Réunionnais se rappellent la difficulté à sauter la rivière Saint-Jean pour faire un peu le ménage dans la commune de l’Est ?

Alors, de grâce, s’il vous plait, monsieur le futur ex-maire de Saint-André, un peu de modestie ! Dans la Section du PCR de la commune, on ne vous a certainement pas attendu pour dénoncer les politiques, qu’elles soient le fait de gouvernements de droite ou de “gauche”, contraires aux intérêts des Réunionnais, pas plus que l’on ne s’en est remis aux indispensables de la vingt-cinquième heure pour réclamer la probité et l’intégrité dans la gestion des affaires publiques.

Et surtout, vous devriez méditer la morale concluant la célèbre fable de Jean de la Fontaine, "Le Coche et la Mouche" :

« Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S’introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires,

Et, partout importuns, devraient être chassés ».

Jean Paul Ciret

Saint-André


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