Di sak na pou di

La prise de conscience des grands changements à réaliser

Billet philosophique

Roger Orlu / 28 août 2015

Beaucoup de philosophes du monde entier et de tous les temps ont attiré l’attention des citoyennes et des citoyens sur l’importance de prendre conscience des questions essentielles à se poser pour donner un sens à notre existence. Ce problème est particulièrement important dans un contexte où l’humanité est menacée de disparition, comme le dit le philosophe Yves Paccalet, et où le système de communication dominant n’a pas pour objectif de réaliser cette tâche morale essentielle.

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La banderole exposée par le Komité Éli devant le lazaret de la ravine à Jacques en hommage aux esclaves révoltés de la région de Saint-Leu en novembre 1811 : « yèr la vanzé, zordi sobatt ».

Comment se réalise aujourd’hui la résistance du peuple réunionnais face aux actions mises en œuvre par les acteurs médiatico-politiques dominants pour détourner son attention des problèmes essentiels à résoudre chaque jour en s’attaquant notamment à leurs causes ? Nous allons en citer trois exemples d’actualité, en commençant par le sens profond donné par le Komité Éli et ses partenaires lors de la célébration réunionnaise de la Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son abolition le 23 août dernier.
À cette occasion, plusieurs intervenants ont évoqué l’importance de cultiver notre mémoire historique pour continuer à lutter nous-mêmes aujourd’hui contre les diverses formes d’esclavages, d’injustices, de racismes, de mépris et de dominations de ‘’nout nasyon’’. Et comme cela est écrit sur une belle banderole exposée par le Komité Éli en hommage aux esclaves révoltés de la région de Saint-Leu en novembre 1811 : « yèr la vanzé, zordi sobatt ».

« Tisser la toile mondiale de la fraternité »

Autre exemple de la pensée réunionnaise concentrée sur les questions essentielles de notre temps : l’éditorial du Père Stéphane dans le dernier numéro de ‘’Timot’’, la revue du Centre Saint Ignace, où il est notamment question des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), qui devront être adoptés en septembre par un sommet de l’ONU. Ces ODD envisagent notamment « un monde libéré de la pauvreté, de la faim (…). Un monde de respect universel des droits de l’homme et de la dignité humaine (…). Un monde dans lequel l’humanité vit en complète harmonie avec la nature ».
Mais comme le dit le Père Stéphane, pour réaliser vraiment ces objectifs, « chaque citoyen que nous sommes est impliqué. Car c’est à la mesure où nous assumons notre responsabilité de peser sur nos dirigeants politiques qu’une véritable coopération internationale peut être dotée, en particulier, des moyens de coercition à l’égard des multinationales ». D’où l’importance de renforcer les liens « pour tisser la toile mondiale de la fraternité constituée d’élans de générosité et de solidarité ».

« Notre responsabilité à assumer devant l’histoire »

Des idées qui vont dans ce sens ont été exprimées le samedi 22 août dernier par Yvan Dejean lors d’une conférence des secrétaires de Sections du Parti Communiste Réunionnais. Le co-secrétaire général du PCR a mis l’accent, entre autres, sur les conséquences préoccupantes voire tragiques de trois phénomènes essentiels dans le monde : les émissions de gaz à effets de serre avec la croissance du réchauffement climatique ; la croissance démographique dans les décennies à venir ; et la barbarie de la mondialisation capitaliste, basée sur la loi du marché, de la compétition et du profit.
Il a donc expliqué à quel point il est important de lutter pour aider nos compatriotes comme tous les citoyens du monde à prendre conscience de l’importance de ces phénomènes et d’y faire face tous ensemble. « C’est notre responsabilité à assumer devant l’histoire », a conclu Yvan Dejean, en prônant le rassemblement le plus large possible des Réunionnaises et des Réunionnais pour atteindre ces objectifs par une nouvelle politique menée par notre peuple lui-même, libre, responsable et solidaire.


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