Di sak na pou di

La Réunion : « Ile de la Santé » ?

Frédéric Paulus / 10 avril 2016

Madame la Directrice de l’AURAR formule ce vœu d’imaginer La Réunion comme une île où il ferait bon vivre et où les Réunionnais jouiraient d’un « capital santé » hors du commun. On ne peut que souscrire à cet idéal.

Cependant, il nous semble devoir définir la santé préalablement. Nous ne retiendrons pas la définition de l’OMS comme « un état de bien être physique, mental et social ». Nous nous référons à celle proposée pas un groupe de spécialistes dont les Professeurs G. de Bernis, F. Gremy, B. Pissaro…, soit : « désir de vivre, plaisir, rapport actif à l’environnement, créativité ».

Or le Professeur Henri Laborit (initialement chirurgien gastro-entérologue, ayant atteint le grade de colonel), cherchait à prévenir les nombreuses traductions somatiques des difficultés existentielles qui se portent (notamment) sur les viscères. Il se lança dans des recherches fondamentales sur les résistances de l’organisme faces aux chocs environnementaux. Et devint ainsi un spécialiste mondial des études sur le stress (avec Hans Selye). Depuis les recherches sur la vulnérabilité des organismes face aux contraintes environnementales ne font que confirmer les travaux de ces deux chercheurs précurseurs.

Le stress nocif est lié aux difficultés de l’organisme à fuir ou à lutter contre cette nocivité or, celle-ci, prenant différentes formes, peut s’imprimer dans l’organisme (l’ensemble du corps et le cerveau) morpho-génétiquement dès la tendre enfance et peut-être même in utéro. Dès lors l’organisme s’inhibe, ne pouvant ni fuir, ni lutter.

La Présidente de l’AURAR mentionne l’ODHIR (Obésité, Diabète, Hypertension, Insuffisance Rénale). N’oublions pas les ravages de l’alcool, des différentes drogues. Et d’une manière plus insidieuses toutes les dépressions non psychiatriques qui sont médicalisées faute de mieux. On cite aussi les migraines, le mal de dos, les différentes allergies dont on attribue trop rapidement le diagnostic d’asthme, les insomnies, les problèmes de concentration, l’onychophagie, les pertes d’appétit, les boulimies ou les anorexies, le découragement…

Le soignant devra contribuer à rompre le cercle inhibant dans lequel le malade est enfermé. Ce travail est complexe puisque l’inhibition prend parfois racine dès la plus tendre enfance.

Frédéric Paulus
CEVOI


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