Di sak na pou di

La Réunion, la France et l’Europe

Courrier des lecteurs de Témoignages / 31 mai 2017

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L’Office de la Langue Créole de La Réunion, le C.I.R.C.I. (Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire) de l’université de La Réunion, ont organisé, il y a quelque temps de cela, au campus du Moufia, un colloque international réunissant des chercheurs et enseignants de notre île, de l’Hexagone français, de l’océan Indien, des Caraïbes.

Quelle n’a pas été notre stupeur et notre déception en apprenant que le doyen de la faculté de linguistique appliquée d’Haïti, Monsieur Renauld Govain, arrivé de Port-au-Prince à Paris, ne pourrait venir jusqu’à nous. En effet Monsieur Govain (malgré le nom, il n’y a aucun lien de parenté entre lui et moi), bénéficiant d’un visa permanent pour l’Espace Schengen peut à son gré voyager dans tous les pays de la Communauté Européenne, et même au Lichtenstein, en Islande, en Suisse, en Norvège (qui pourtant ne font pas partie de l’Europe), mais ne peut pas, sans un visa spécial, venir à La Réunion (qui fait partie de la France qui elle-même fait partie de l’Europe donc du fameux espace).

Les messages envoyés par Monsieur Govain à l’ambassadrice de France sont restés sans effet – les services de l’ambassade lui ayant même “conseillé” de revenir en Haïti (15000 kilomètres aller-retour !) où un visa lui serait accordé ! Sans l’intervention de Madame Ericka Bareigts, alors ministre des Outre-mer, sans ses démarches auprès des services de son collègue de l’Intérieur, nous aurions dû nous passer des compétences d’un chercheur mondialement reconnu.

Cela nous oblige à nous poser deux questions : quelles sont les raisons qui ont poussé les responsables européens à exclure La Réunion (et plus généralement les DROM-COM ex. DOM-TOM) de cet espace Schengen ? Et pourquoi des pays qui se sont exclus de l’Europe peuvent, eux, en faire partie ?

Axel Gauvin


Kanalreunion.com