Di sak na pou di

La souveraineté alimentaire des nations

Témoignages.re / 12 août 2013

Dans la loi de l’offre et de la demande interviennent plusieurs paramètres :

- Les fluctuations excessives de la production dues aux conditions météorologiques,

- Les fluctuations excessives de la production dues à la spéculation.

Dans ces deux cas, on peut assister à l’effondrement des cours et donc à la ruine des producteurs. Dans ces deux cas, on peut avoir des déficits importants de production, des prix de vente exorbitants, des famines. La loi de l’offre et de la demande n’est donc pas le régulateur absolu et intangible que l’on prétend. Il faut donc bien interdire la spéculation, il faut moduler volontairement la production et les stocks, non pas en fonction du marché, mais en fonction de la demande ou, plus exactement, des besoins réels.

L’intervention d’une loi de modération est donc indispensable. Lorsqu’il aboutit à des excès, le mythe de la libre entreprise s’effondre. Il est une autre loi qui s’impose, celle de l’humain, du raisonnable, du bon sens. La sécurité alimentaire ne peut être assurée sans tenir compte de ceux qui produisent. La nourriture est avant tout destinée à alimenter les humains. Sur une planète où des millions de personnes meurent de faim, il est indécent de considérer l’aliment comme un objet de commerce. Les prix des produits alimentaires doivent refléter les coûts de production afin d’assurer aux producteurs un revenu suffisant. Il est inacceptable que le commerce alimentaire soit à l’origine de la ruine des petits producteurs et de la dégradation de l’environnement. Se nourrir est un droit de base qui implique le droit pour chaque pays de maintenir sa propre capacité de produire son alimentation de base. Défendre l’agriculture durable de petite échelle (fermes familiales), s’opposer aux grands producteurs multinationaux qui détruisent les structures agricoles à taille humaine et l’environnement permet de promouvoir une certaine stabilité sociale, la dignité du travail et la justice. « L’agriculture marchande tue l’agriculture » Masanobu Fukuoka (fondateur de l’agriculture biologique). Contrairement au concept de « sécurité alimentaire », défendu par l’industrie agro-alimentaire, le concept de « souveraineté alimentaire » privilégie la production et la consommation alimentaire locales.

Ce concept met à l’abri les populations qui l’adoptent, des faramineuses fluctuations du marché mondial des aliments humains. Enfin, il faut se rappeler que les fermes familiales sont à l’origine du dynamisme économique et de la stabilité sociale d’un pays souvent cité comme modèle : le Japon. A l’opposé, la mondialisation du marché des produits agricoles est responsable des catastrophes alimentaires mondiales. Aujourd’hui encore, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes. Plus d’un milliard d’adultes souffrent de la faim dans le monde.

Association Energie Environnement


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