Di sak na pou di

La violence, un problème de société

Témoignages.re / 5 juillet 2012

La violence n’est plus un phénomène sporadique. Elle s’institutionnalise de plus en plus et revendique parfois de curieuses lettres de noblesse ; elle est de moins en moins considérée comme une maladie du corps social, mais fait partie intégrante de celui-ci et elle entre désormais dans les mœurs. Elle n’est plus non plus le fait de quelques délinquants ou asociaux, mais devient un des atouts majeurs dans le jeu qui se joue entre les individus et la société.
Jeu dangereux entre les partenaires longtemps inégaux et un État qui n’a plus ni autorité cohérente, ni sens de la discipline civique, ni mesure, et qui frappe pour accéder à la violence dès qu’elle se manifeste. Car, hélas ! La violence paie et elle seule aujourd’hui est capable de secouer l’inertie des pouvoirs publics trop souvent occupés à défendre des intérêts privés plutôt que le bien commun et administration bloquée, incapable de faire face à ses tâches. Des régimes d’assurance vieillesse mal étudiés, qu’ils se mettent en grève pour faire rapporter des mesures contre la taxation et que les paysans barrent les routes pour faire entendre leurs voix. Les exemples sont quotidiens. On pourrait les multiplier.
Qu’elle résulte de l’inconscience, de l’inertie, de l’ignorance ou de la ruse, l’attitude des pouvoirs publics ne fait qu’encourager cette violence, et dans bien des domaines, la répression ne saurait remplacer des réformes devenues inévitables.
Toute la violence de la société à l’égard des individus ne se réduit pas à des peines correctives, à des emprisonnements, voire à des chars écrasant les révoltes (la Syrie). Il est des formes de violence plus subtiles et plus sournoises. Le chômage, l’injustice sociale, la misère, des lois qui n’entraînent plus le consensus de la majorité du pays en sont les formes courantes et voilées.
Inquiets de la violence qui se développait chez eux, les États-Unis en ont fait étudier les causes par les sociologues. Au terme d’une longue analyse, les rapports ont montré que l’une de ses causes premières résidait dans l’exaspération provoquée par les atermoiements, les situations qu’on laisse pourrir, les réformes arrachées et qu’on s’efforce d’annuler dès que la situation se détend, les mensonges impudents ou les vérités si savamment camouflées qu’on n’a plus de prise sur elles, plus d’espoir non plus de ne jamais voir la situation s’éclaircir.
Il n’y aurait là ample matière à réflexion pour nos augures..., plutôt que de déplorer la violence, plutôt que de prendre contre elle des mesures de répression qui sont encore une de ses formes et qui de plus en plus entraînent des réactions défavorables de la population, ne serait-il pas plus sage de se pencher honnêtement et courageusement sur les problèmes et de supprimer à leur source les causes qui l’engendrent ?
C’est là la mission de l’État et de ceux qui, à sa tête, détiennent les pouvoirs de décision et qui sont loin de donner toujours l’exemple de cette politique énergique, réfléchie et cohérente que tout honnête citoyen, désireux de vivre en paix, est en droit d’attendre. La mission de la nouvelle État s’avère de plus en plus difficile, à l’aube de ce nouveau gouvernement, du nouveau programme. Il faut mettre tous les moyens en œuvre pour entraver les causes de la violence. Ainsi, la tuerie des soldats en Afghanistan comme le meurtre des deux femmes gendarmes ne font que nous interroger sur les causes de cette violence. Il est normalisé important de casser ce cercle de la violence. La banalité de plus en plus de la violence nous donne les raisons inespérées de la lutte contre ce type de violence. Ce qui se passe dans le monde comme en France métropolitaine, ou à La Réunion, nous demande d’intervenir fortement, d’être vigilants, de ne pas approuver par quelques mots toutes formes de violence.

Marc Kichenapanaïdou


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