Di sak na pou di

Langage et politique

Courrier des lecteurs de Témoignages / 21 décembre 2015

Le 7 décembre au JT de 20 heures sur France 2, Nicolas Sarkozy pour justifier sa position du « ni-ni », ni retrait, ni fusion des listes L.R. au second tour des régionales, a déclaré « ce n’est pas comme ça que ça se passe, passe-moi la salade, je te renvoie la rhubarbe », expression imagée remaniée à sa sauce personnelle.

On retrouve des références alimentaires à La Réunion où les élus de droite affectionnent une formule rabâchée pendant les campagnes électorales quand leurs adversaires s’unissent pour essayer de gagner la bataille. Pour eux, ces listes d’union sont « du manger cochons », ce qui doit leur représenter le comble de l’horreur. Daniel Gonthier s’est délecté avec cette métaphore, aux cantonales de 2008 quand madame Dindar s’est unie avec le PS et l’Alliance de Paul Vergès pour avoir la présidence du conseil général.

Il est connu que les cochons, jugés arbitrairement comme des animaux dégoutants, mangent des restes peu ragoûtants…… Pour les dernières régionales cette élégante expression a refleuri, pour qualifier l’union des listes « Bello, Thierry Robert, Lebreton ». Bien sûr que l’union des partis de droite forme une fusion cohérente, alors que celle formée par ses adversaires ne peut être qu’une bouillie infâme. Par conséquent, tous les électeurs et électrices qui choisissent la liste étiquetée « manger cochons » deviennent des citoyens inconséquents, se contentant de déchets et d’épluchures.

Qu’on approuve ou pas les différents accords conclus pour se faire élire, il serait convenable en tout cas, que certaines personnalités politiques ne s’abaissent pas à employer de telles comparaisons. Quel manque de respect, de vocabulaire et d’imagination de leur part !

Marylène Berne


Kanalreunion.com