Di sak na pou di

Le bruit du silence et le prix de l’absence

Témoignages.re / 7 décembre 2010

A la Région, deux axes politiques semblent émerger.
Il y a tout d’abord la communication à outrance, pour ne rien dire « 2010 : année du tourisme » : qu’est-ce qu’on a vu ? Rien. Ou pour se vanter de faire à la place de l’Etat, comme la continuité territoriale. Ce sont encore les déclarations de Mme Fabienne Couapel, lors d’une marche blanche, complètement hors sujet et d’une incroyable malhonnêteté intellectuelle, qui parle de ce qu’elle ne connaît pas et ramène tout à son super-chef.

Le pendant de cette communication : c’est le silence. Lequel est encore plus assourdissant que tout le tapage fait avant. Aucun responsable politique, président, vice-président, conseiller régional, n’a fait le moindre commentaire sur des faits avérés de gestion plutôt bizarre : l’attribution d’un salaire au PDG de Maraïna, président de Région, député en mission, adjoint au maire au Tampon, etc. etc. etc. Rien non plus sur l’attribution de subventions à des associations tout à fait récentes (dans toutes les collectivités, une association n’est aidée qu’après sa première année d’existence). Imitation en cela du député président de Région, qui n’a toujours pas justifié son vote favorable à la réforme des retraites.

Le deuxième axe : c’est la présence affichée dans les premiers mois. On les voyait partout, les conseillers régionaux. Et surtout dans tous les cocktails : aussi bien dans les Carnets de Farah que dans la version régionalisée de ce genre de chose. Aujourd’hui, on en voit surtout un (notamment dans les pages de son journal : 41 photos en 48 pages).

Après avoir fait de la présence (et de la figuration), la phase est aujourd’hui à l’absence ; un journal voulait interroger Mme Nadia Ramassamy au sujet des subventions énormes versées à une association dont elle est très proche. « Absente du département — injoignable pendant un certain temps ». Ce n’est pas la première fois que cela se passe. Du côté de ses supporters à Sainte-Suzanne, ça a été la douche froide. La Commission des finances, explique un journal, s’est réunie en présence de seulement 2 conseillers régionaux de la majorité (Cadet et Vidot). Pourtant, cette Commission est composée (pour la majorité régionale) de Jean-Louis Lagourgue, Frédéric Cadet, Olivier Rivière, Huguette Vidot, Patricia Pilorget, Patricia Kichenaman-Doxiville.
L’opposition était majoritaire. Elle a fait son travail en rejetant le document ; panique au cabinet de Didier Robert qui sort d’on ne sait où des procurations…

Tout cela est lamentable, tant sur la forme que sur le fond.
Il y a néanmoins une qualité que l’on doit leur reconnaître : être capable de faire systématiquement l’inverse de ce qu’il convient de faire : quand ce n’est pas important, on s’exprime, quand c’est grave, on se tait. On assiste aux cocktails, mais on déserte les réunions de travail.

Kora-Ly Payet


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