Di sak na pou di

Le gouvernement s’acharne à dérèglementer le système éducatif

Témoignages.re / 11 juin 2011

Nous ne voulons ni de "CLAIR", ni d’"ECLAIR", coup de force ministériel à La Réunion.

Après avoir réaffirmé son opposition à un dispositif E ("e" pour écoles) CLAIR qui ne vise qu’à déréguler un peu plus le système éducatif, la CGTR Éduc’action souligne le fait que ce dispositif, apparu suite aux États généraux de la Sécurité de juin dernier, a aujourd’hui la volonté de se substituer aux dispositifs relevant de l’éducation prioritaire (par le biais des Réseaux Ambition Réussite). Cela établit ainsi un lien très discutable entre violences scolaires et difficultés du même ordre.

Le ministère avait confirmé à la CGT Éduc’action que la labellisation "CLAIR" ne se fera qu’avec l’avis des Conseils d’administration des établissements du second degré.
Or, à peine pris, cet engagement ministériel est déjà foulé au pied. En effet, selon nos sources, tout indique que l’ensemble des collèges prévus pour rester ou devenir Réseau ambition réussite (RAR) seront arbitrairement passés en dispositif CLAIR, et ce, à compter de la prochaine rentrée.

La CGTR Éduc’action exige que les Conseils d’administration des établissements concernés soient préalablement consultés et que ceux qui se sont prononcés ou se prononceraient majoritairement contre ce dispositif (c’est le cas notamment dans les académies de Créteil et d’Aix-Marseille) n’aient pas à le subir : c’est un respect minimum des règles démocratiques.

Quant à l’extension au premier degré, elle ne devrait concerner que le volet pédagogique (l’équivalent du contrat de réussite RAR), mais sans préfet des études, ni profilage de postes. Au total, sous prétexte de l’extinction du dispositif RAR, le ministère impose une nouvelle vision de l’éducation prioritaire, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle manque d’ambition. Sous prétexte d’un saupoudrage actuel des moyens (mais qui en est responsable ?), seuls quelques établissements feraient désormais l’objet "d’attentions particulières". Enfin, sans attendre le moindre bilan de l’expérimentation, le dispositif CLAIR est généralisé.

La CGTR Éduc’action appelle donc les personnels des établissements concernés à exiger la tenue immédiate d’un Conseil d’administration extraordinaire et à refuser le dispositif CLAIR, à être attentifs à ce que les postes vacants ne soient pas profilés par les recteurs et à ce que les référents RAR actuels soient maintenus dans les établissements.

La CGTR Éduc’action rappelle en outre que (E)CLAIR consacre également une remise en cause fondamentale des garanties statutaires des personnels. Ainsi on peut lire notamment dans le BO du 22 juillet 2010 :
« Les postes des établissements CLAIR seront désormais profilés… les candidats seront recrutés sur proposition du chef d’établissement, après entretien », 
« les personnels qui n’adhèrent pas au nouveau projet seront encouragés à rechercher une autre affectation plus conforme à leur souhait ».

La CGTR Éduc’action s’oppose farouchement à la mise en place de ce dispositif qui renforce l’autonomie des établissements et vise à la destruction des statuts de tous les personnels, à la disparition des règles nationales en matière de programmes et d’horaires, à la fin du droit à la mutation, ainsi qu’à la casse de l’éducation, notamment prioritaire.

En résumé, la CGTR Éduc’action exige que :

- La consultation préalable et obligatoire des Conseils d’administration

- Les établissements dont les personnels expriment leur refus de cette expérimentation soient retirés de la liste des établissements CLAIR

- Aucun établissement, aucun personnel n’aient à subir quelque pression que ce soit

- L’expérimentation soit abandonnée.

Avec la CGT Éduc’action, la CGTR Éduc’action appelle de ses vœux une vraie réflexion sur l’éducation prioritaire, réflexion d’autant plus nécessaire, les évaluations PISA viennent malheureusement de le rappeler une nouvelle fois, que la France est l’un des pays où le parcours scolaire est le plus marqué par l’origine sociale.

Liste des 20 établissements concernés
 :
 Saint-Benoit : collèges Amiral Bouvet et Hubert Delisle ;
 Salazie : collège Auguste Lacaussade ;
 Saint-André : collèges Mille Roches et Cambuston ;
 Saint-Denis : collèges Deux Canons, Montgaillard et Mahé de Labourdonnais ;
 Le Port : collèges Edmond Albius, L’Oasis, Jean Le Toullec, lycée Jean Hinglo ;
 Saint-Paul : collège Célimène Gaudieux ;
 Trois-Bassins : collège Trois Bassins ;
 Saint-Louis : collèges Plateau Goyaves et Jean Lafosse (Le Gol) ; Saint-Pierre : collèges Terre Sainte, Les Tamarins, Paul Hermann et Henri Matisse ;
 Le Tampon : collège Michel Debré (Plaine des cafres).

CGTR Éduc’action


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