Di sak na pou di

Le guetteur s’enlise et le colonialiste se meurt !

Témoignages.re / 24 mars 2011

Il en est ainsi depuis des siècles et ça continue, il y a ceux qui osent signer de leurs noms, même quand ils prônent l’ignorance et la peur, la hantise de l’histoire qui sort du silence et qui se révèle à tous, l’histoire qui pète comme un éclair et qui nous rassemble dans sa vérité, et il y en d’autres qui se cachent derrière des pseudonymes !

Et si c’étaient les mêmes après tout qui pensent qu’ils peuvent encore jouer à cache à cache avec l’histoire, qu’ils peuvent encore nous tromper avec leurs suffisances !
Sauf que, là, monsieur le guetteur et son homologue, il s’agit de notre histoire, et je ne me tairais pas, je ne me cacherais pas non plus. Trop longtemps que ça dure la violence et la haine, le silence et le mépris, et tapie derrière la peur, le pouvoir du “maître” qui se réveille de sa longue torpeur et qui se demande s’il y a encore une place pour lui dans ce monde d’aujourd’hui. Qui en appelle même à la langue française pour retrouver son pouvoir perdu !
Et si l’on vous donnait, messieurs les dépassés, une leçon de vie, une leçon d’histoire !

Elie et ses camarades ont voulu mettre un terme à des années de souffrance et d’humiliation, à l’exploitation de la pire espèce, celle qui confond les hommes et les bêtes et qui transforme la chair de l’homme en bois d’ébène. Pour cela, ils ont employé la seule arme qui leur restait — la dignité — et ils se sont servis de tout ce qui était à portée de leur main, gourdins, pioches, galets, coutelas, sagaies, y compris un fusil qu’ils ont trouvé chez leurs maîtres, mais dont ils ne se serviraient pas. Et cette révolte qui a duré 3 jours, du 5 au 8 novembre 1811, qui a mobilisé 400 esclaves, a fait 2 morts du côté des propriétaires et 150 morts du côté des esclaves (H Gerbeau) ainsi que 25 condamnés à mort.

Mais ce lundi 7 mars 2011, jour de recueillement en hommage aux insurgés de 1811, ce fameux guetteur a vu rouge, il a vu des communistes partout, même au sein de l’église, et pourquoi pas la main de Moscou pendant qu’on y est, comme au temps de la Guerre froide ; monsieur le guetteur, vous avez tout simplement la trouille aux f… !

La trouille vis-à-vis de tous ceux qui lèvent le voile de l’histoire, qui réclament la vérité, et qui retrouvent derrière le parjure le sens de l’honneur, derrière la cage l’envol de la liberté, derrière le mépris le courage de la dignité. Voilà pourquoi toutes ces personnes, toutes obédiences politiques et toutes philosophies confondues, étaient réunies devant la cathédrale pour honorer le sens de l’histoire, celle que l’on découvre petit à petit, celle qui se partage dans notre peuple pluriel, celle dont on est fière parce qu’elle met en exergue des hommes et des femmes qui se sont battus contre l’ignominie, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

En cette période de carême, il est bon de se rappeler qu’en d’autres temps, des résistants sont morts au combat, d’autres ont eu la tête coupée à la hache, d’autres ont été pendus jusqu’à ce que mort s’ensuive, pour qu’enfin naisse la liberté. Ce sont nos martyrs et ce sont nos héros !

Alors, vous qui avez peur de cet élan d’humanité qui célèbre l’année d’Elie, l’année de toutes les résistances et qui invoque pour votre salut la philosophie, la religion, la politique et que sais-je encore, vous qui n’hésitez pas parfois à briser les symboles de cette Résistance que nous dressons dans nos cités, en hommage aux esclaves qui ont donné leur vie et leur courage pour que nous puissions vivre libres, vous qui gardez la nostalgie « de la bonne vieille colonie », dîtes-vous bien que vous êtes d’un autre temps et que vous n’empêcherez pas que l’histoire surgisse et que nous sachions enfin tout ce que nous devons savoir parce que la vérité n’a qu’une seule couleur et que l’union est notre force !

Ghislaine Bessière,
militante de Rasine KAF et membre du KLE


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