Di sak na pou di

Le jour du dépassement : à partir de ce 13 août, nous vivrons à crédit !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 13 août 2015

À compter de ce jeudi 13 août, l’humanité aura consommé toutes les ressources naturelles que notre planète peut produire en un an. Pour les 140 jours qu’il reste, nous vivrons alors à crédit et nous creuserons encore un peu plus notre dette écologique.

« Le jour du dépassement », c’est le nom que l’on donne au moment de l’année où l’humanité a consommé plus que la Terre ne pouvait lui offrir en 365 jours. Calculée par l’ONG américaine Global Footprint Network, le résultat a de quoi inquiéter et indique que nous vivons de plus en plus au-dessus des moyens de notre planète. Chaque année, le jour du dépassement avance : 22 août en 2012, 20 octobre en 2005 et 21 novembre il y a 20 ans ! Aujourd’hui, il faut 1,5 planète pour couvrir les besoins de l’humanité. Et plus de 80% de la population mondiale vivent dans des pays qui utilisent plus que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler. Une dette écologique grandissante n’est pas tenable sur le long terme. Il est évident que cette dette et notre système financier capitaliste et productiviste sont les deux faces d’une même pièce. Tous nos responsables politiques font l’autruche en faisant semblant de ne pas voir arriver l’inévitable catastrophe. Et ce ne sont pas les saupoudrages ou les vernis écologiques effectués par les politiques successives de Sarkozy ou de Hollande qui y ont changé quelque chose.

En rupture avec la règle d’or de l’austérité, qui opprime les peuples, le Parti de Gauche entend appliquer la règle verte. Cette règle résume l’exigence qui est celle de l’humanité tout entière : éteindre la dette écologique engendrée par le capitalisme et le productivisme. Aujourd’hui, nous détruisons les ressources de notre planète. Il n’est plus possible de produire n’importe quoi, n’importe comment et n’importe où. La catastrophe écologique s’accélère. Est-il, par exemple, normal que le groupe Colgate-Palmolive ait fermé ses chaines de production de la SIB au Port, en mettant 32 ouvriers sur le carreau, pour fabriquer à des milliers de km le dentifrice que vous achetez et qui était avant produit dans l’île ?

Nous devons réintroduire le temps long dans nos modes de production et d’échange afin d’échapper à la tyrannie du profit maximal à court terme. Aujourd’hui, un parti politique qui n’a pas cette vision de la société de demain, n’est pas un parti responsable. Le Parti de Gauche entend poser les bases d’une nouvelle doctrine pour la gauche, celle de l’éco-socialisme. En partant d’actions concrètes et réalisables, nous devrons préserver l’écosystème qui rend la vie humaine possible. Nous appelons par exemple à la tenue d’un référendum sur la sortie du nucléaire et à l’arrêt des énergies carbonées ; à la création d’un pôle public de l’énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisés ; au développement du transport ferroviaire, du transport maritime côtier et du ferroutage ; à l’encouragement des investissements publics conditionnés à des critères écologiques, sociaux et démocratiques ; et à la valorisation d’une agriculture responsable et paysanne. Pourquoi importer de la carotte australienne alors que produire localement permettrait de valoriser le circuit-court et notre terroir, améliorerait la traçabilité du produit et créerait de l’emploi ? Pourquoi nous rendre encore plus dépendant du pétrole, enrichir deux multinationales, détruire l’écosystème et nous endetter pour des générations pour construire un viaduc de 12 km en pleine mer ?

Nous disons à tous que l’écologie n’est pas l’ennemie du développement humain. C’est tout le contraire. Il n’est pas question de revenir au Moyen Âge ! La règle verte sera la boussole de demain. L’écologie pour l’emploi, l’écologie pour le développement de l’humanité, c’est possible !

François Fasquel
Parti de Gauche


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