Di sak na pou di

Le mal ne vient pas de Dieu… mais de l’Homme !

Témoignages.re / 14 juin 2011

C’est vrai que c’est ma bible. Je le dis souvent, trop souvent. Et pourtant, c’est une vérité. Et la vérité n’a pas de limite. On ne trafique pas avec la vérité. Même si cela fait mal quelquefois. On n’aime pas dire la vérité, car cela nous dérange.
Lorsqu’on dit à une personne qu’on l’aime, il est important que cet amour ne soit pas frivole, qu’il ne soit pas juste pour un moment donné. Il faut qu’il perdure. L’amour, c’est le don de soi. L’arrêt de cet amour provoque des drames, des souffrances, des divorces… et le mensonge prend le dessus sur la vérité.
Dieu n’a rien à voir dans ce comportement. C’est l’Homme qui décide de rompre cet amour tant loué au début.
En ce début de juin qui est la mi-2011, plus de 22 morts ont été recensés sur nos routes depuis le début de l’année. Qui provoque ces accidents ? C’est l’Homme qui crée la machine, c’est le même Homme qui appuie sur l’accélérateur, c’est le même Homme qui boit de l’alcool et consomme zamal et autres drogues… Dieu n’a rien à voir dans ces tueries !

Tous les hommes politiques, dans leurs discours, déplorent la vague de violences qui s’est installée dans le monde — en particulier, ces derniers temps, dans les pays arabes.
Comment accepter l’idée diabolique d’un Khadafi qui, en plus des armes, ose fournir à ses soldats et à ses partisans du Viagra pour leur permettre de violer des femmes de son propre peuple ?…

Pour ma part, j’ai assisté dernièrement à une violente altercation dans un magasin de Saint-Paul : un client ivre était face à un vendeur. Ce dernier a perdu son sang-froid et a voulu expulser l’ivrogne de force de son commerce. Ça a dégénéré et la violence des gestes et des propos s’est vite installée, et, à l’arrivée des gendarmes, le mal était fait. On voit pour une banale querelle au départ, à La Réunion ou ailleurs, comment on peut abattre un homme ou une femme. Depuis quelques années, la violence sur la femme a été multipliée par deux ou trois.

La violence n’est plus un phénomène sporadique. Elle s’institutionnalise de plus en plus et revendique parfois de curieuses lettres de noblesse : elle est de moins en moins considérée comme une maladie du corps social. Elle fait partie intégrante de celui-ci et elle entre désormais dans les mœurs. Elle n’est plus le fait de quelques délinquants ou asociaux, mais devient un des atouts majeurs dans le jeu qui se joue entre les individus et la société.
Jeu dangereux entre des partenaires longtemps inégaux et un État qui n’a plus ni autorité cohérente, ni sens de la discipline civique, ni mesure et qui frappe aveuglément pour céder à la violence dès qu’elle se manifeste. Car, hélas ! la violence paie et elle seule aujourd’hui est capable de secouer l’inertie des pouvoirs publics trop souvent occupés à défendre des intérêts privés plutôt que le bien commun, et une administration bloquée, incapable de faire face à ses tâches.
Car, toute la violence de la société à l’égard des individus ne se réduit pas à des peines correctives, à des emprisonnements. Il est des formes de violence plus subtiles et plus sournoises. Le chômage, l’injustice sociale, la misère, des lois qui n’entraînent plus le consensus de la majorité du pays en sont les formes courantes et voilées.
Il y aurait là ample matière à réflexion pour nos augures. Plutôt que de déplorer la violence, plutôt que de prendre contre elle des mesures de répression qui sont encore une de ses formes et qui de plus en plus entraînent des réactions défavorables de la population, ne serait-il pas plus sage de se pencher honnêtement et courageusement sur les problèmes et de supprimer à leur source les causes qui l’engendrent ?
L’analyse succincte de la violence dans notre société moderne, il appartient aux hommes d’aujourd’hui, aux responsables politiques de trouver des solutions. C’est la mission de la démocratie que, par nos votes, nous confions aux élus.
Le mal ne vient pas de Dieu, mais de l’Homme !

 Marc Kichenapanaïdou 


Kanalreunion.com