Di sak na pou di

« Le mariage est, dans son principe et comme institution, l’union d’un homme et d’une femme »...

Témoignages.re / 8 décembre 2012

Invité par René-Paul Victoria, j’ai participé le mardi 27 novembre dernier à une réunion du collectif “Tous pour le mariage Homme–Femme”. En plus des arguments exposés par plus d’une des personnes présentes, j’ai ce soir-là noté avec satisfaction deux remarques de Gilbert Aubry. Ce dernier a tout d’abord rappelé la nécessité d’associer tout le monde à la démarche entreprise, à travers notamment les trois quotidiens que compte notre île. Il a ensuite insisté pour souligner que de nombreux couples homosexuels vivent sous un même toit dans une parfaite « chasteté ».

J’ai apprécié le propos. Je confirme, pour en connaître au moins deux, que certaines personnes de même sexe qui ont choisi de vivre ensemble méritent notre sympathie, voire notre respect. Surtout qu’elles sont d’un ensemble très minoritaire de notre société, numériquement parlant. Et c’est bien cela qui donne toute sa dimension à la réflexion de Lionel Jospin, ancien Premier ministre et homme de convictions incontesté.

Dans un texte qu’il a rendu public il y a quelques années déjà, Lionel Jospin nous rappelle que, « … de fait, les institutions ont été créées pour fonder et étayer les sociétés. On peut les défendre, on peut les contester — c’est aussi une façon de se structurer —, on peut les réformer. Je ne crois pas qu’il soit pertinent d’en dénier le sens. Le mariage est, dans son principe et comme institution, “l’union d’un homme et d’une femme” . Cette définition n’est pas due au hasard. Elle renvoie, non pas d’abord à une inclinaison sexuelle, mais à la dualité des sexes qui caractérise notre existence et qui est la condition de la procréation et donc de la continuation de l’humanité… ».

Et l’ancien Premier ministre socialiste de conclure : « On peut respecter la préférence amoureuse de chacun, sans automatiquement institutionnaliser les mœurs ».

Ce dimanche 9 décembre, sans mot d’ordre, ni porte-voix, derrière ma seule conscience, je serai de ceux qui demandent aux parlementaires de notre île de porter auprès du gouvernement la réflexion pleine de bon sens et de sagesse de Lionel Jospin, cet homme de premier plan pour lequel, par delà nos opinions politiques qui peuvent être divergentes sur certains points, nous ressentons du respect et beaucoup de reconnaissance.

Je n’ignore pas que certains de mes amis pourront à la même heure être ailleurs. C’est mon droit de ne point être d’accord avec eux…

Raymond Lauret


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